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Life, la bio du vieux Keith

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1 Life, la bio du vieux Keith le Dim 17 Oct - 14:47

pilou


jamais content
Rolling Stones: Mick Jagger "insupportable", selon Keith Richards

Les drogues, les relations avec Mick Jagger et sa fiancée Marianne Faithfull, la prison et les amours: dans ses mémoires à paraître fin octobre au Royaume-Uni, le guitariste des Rolling Stones, Keith Richards, dévoile sans fioritures le monde du rock'n'roll tel qu'il l'a

AFP. Les extraits de son autobiographie, "Life", publiés samedi par le quotidien The Times, révèlent les secrets de l'histoire des Rolling Stones au moment où ils formaient l'un des groupes les plus populaires et influents du XXe siècle.

Richards règle ses comptes et s'épanche sur les relations tendues qu'il entretenait avec le chanteur Mick Jagger, qu'il appelle "votre majesté" ou "Brenda", et dont il affirme qu'il était devenu "insupportable" au début des années 80.

"J'avais de l'affection pour Mike, mais je n'ai pas été dans sa loge depuis une vingtaine d'années. Parfois, je me dis: +mon ami me manque+. Je me demande: +où est-il allé?+", confesse le guitariste, âgé de 67 ans.

Il affirme également que Jagger a un "tout petit zizi", détail que lui aurait révélé l'artiste Marianne Faithfull, avec qui il a entretenu une brève relation alors qu'elle était avec Mick Jagger. Pris en flagrant délit, il affirme avoir dû s'enfuir par une fenêtre.

Le guitariste raconte aussi avoir piqué à l'un des fondateurs du groupe, Brian Jones, sa fiancée Anita Pallenberg lors d'un voyage en Espagne.

"Je me rappelle encore de l'odeur des orangers à Valence. Quand vous sortez avec Anita Pallenberg pour la première fois, vous n'oubliez pas les détails." Le couple aura trois enfants.

Dans ses mémoires, Richards raconte aussi son arrestation à Londres après une nuit à l'acide. "On frappe à la porte. Je regarde par la fenêtre et je vois plein de nains dehors, qui portent les mêmes vêtements", se rappelle-t-il. "C'était des policiers mais je ne le savais pas. Ils ressemblaient à des personnes toutes petites avec des habits bleu foncé et des casques qui brillaient. + Quel accoutrement ! Vous étiez censés venir ? Peu importe, rentrez, il fait froid dehors+", leur lance-t-il, avant d'être arrêté.

"Life" sort en librairie en Grande-Bretagne le 26 octobre.

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2 Re: Life, la bio du vieux Keith le Dim 17 Oct - 21:18

berny


Taulier de la Taulière, admin
Taulier de la Taulière, admin
Je vais recevoir le bouquin pour ma Nowelle ! Smile


_________________
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3 Re: Life, la bio du vieux Keith le Dim 17 Oct - 22:46

pilou


jamais content
Wow, tu sauras tout de la quéquette à Mick..... veinard ;-)

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4 Re: Life, la bio du vieux Keith le Mar 19 Oct - 21:09

pilou


jamais content
Ahhhhhh début de polémique:

From 7s7 People:
Jerry Hall aurait pu ajouter une couche aux allégations de Keith Richards. Celui-ci a confié dans son autobiographie que Mick Jagger avait un tout petit zizi. Jerry Hall, qui a eu quatre enfants avec le rockeur et qui n'a pas toujours été tendre en public avec lui après leur séparation, balaie ces accusations de la main.

"Mick est très bien doté. Je suis bien placée pour le savoir, je suis restée avec lui pendant 23 ans. Keith est simplement jaloux."

Jerry Hall et Mick Jagger se sont séparés en 1999. Jerry Hall avait affirmé que son ex était un séducteur en série et un ancien héroïnomane.


Autre article:"Mick Jagger est un prédateur sexuel"
L'ex-épouse du plus populaire des Rolling Stones publie "My life in pictures", une autobiographie dans laquelle elle évoque l'addiction au sexe de Mick Jagger.

Jerry Hall qualifie son ex-mari de "prédateur sexuel" qui a remplacé la drogue par le sexe. "Je savais qu'il avait une réputation de coureur de jupons, mais j'étais plein d'espoir. Je lui avais appris à cesser de fumer l'héroïne - je pourrais lui faire abandonner les filles aussi bien", écrit-elle.

Le livre qui se révèle être cependant moins "explosif" que ce qui était annoncé raconte la transformation d'une enfant dégingandée en une top modèle, compagne de la plus grande star de rock au monde.

Jerry Hall raconte comment elle a été séduite par Mick Jagger alors qu'elle était en couple avec Bryan Ferry. Elle y explique que lors d'une fête en 1976, le Rolling Stone l'a poursuivie autour d'une table de ping pong pour tenter de l'embrasser, avant d'être surpris par Ferry qui l'a chassé.

Elle y confirme les nombreuses infidélités de son mari, notamment auprès de Carla Bruni qui était alors en couple avec Eric Clapton. "Mick a nié, disant que ce n'était rien et qu'il m'aimait", se souvient Jerry Hall. Malgré les tromperies, l'ex-mannequin déclare un amour éternel pour l'homme "doux, charmant, drôle et fascinant" qu'était Mck Jagger.

Mick Jagger et Jerry Hall se sont séparés après que le chanteur des Rolling Stone ait mis enceinte une top modèle brésilienne, Luciana Morad. Pour Jerry, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. "La rupture avec Mick a été douloureuse. Jusque-là, j'avais supporté ses infidélités. Toutefois, avoir un enfant avec une autre femme, c'était trop".

Ca balance chez les Stones.... pasionnant, non ? lol

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5 Re: Life, la bio du vieux Keith le Mar 19 Oct - 21:33

pilou


jamais content
Un autre pitch du bouquin rock de l'année:



Le guitariste des Rolling Stones publie le 26 octobre une autobiographie très attendue, forcément gratinée
Crânement baptisé "Life", l'ouvrage promet quelques passages pour le moins croustillants. D'autant que Mister Rock'n'roll a mis un point d'honneur à dire "la vérité".

Keith Richards y livre les hauts et les bas de sa vie tourmentée, y compris sa longue addiction à l'héroïne, mais aussi sa relation d'amour-haine avec son partenaire Mick Jagger.


Qualifié par la presse avant même sa sortie de "Graal du rock'n'roll", cet ouvrage de 527 pages a fait l'objet d'une véritable guerre d'éditeurs. Little, Brown and Company, qui a décroché la timbale, lui aurait versé dit-on une avance de 5,4 millions d'euros pour la rédaction de ses mémoires.

"Sa Majesté" Mick Jagger qualifié d'"insupportable"
Ses rapports avec Mick Jagger, et leur bras de fer à la tête des Rolling Stones, tant pour le contrôle que sur l'orientation artistique du plus célèbre groupe de rock'n'roll, occupe une place centrale dans cette autobiographie.

Au sujet du chanteur qu'il connaît depuis l'enfance et sans doute mieux que quiconque, le guitariste dit qu'il a vraiment commencé à devenir "insupportable" au début des années 80. "J'avais de l'affection pour Mike, mais je n'ai pas été dans sa loge depuis une vingtaine d'années. Parfois je me dis: mon ami me manque. Je me demande: où-est-il ?" confesse Keith Richards, qui le surnomme "Sa Majesté" et "Brenda".

Il affirme également dans "Life" que Jagger n'est pas particulièrement bien monté, détail que lui aurait confié Marianne Faithfull avec laquelle il avait eu une aventure au temps où elle sortait avec Mick.

Mick Jagger a lu "Life" assure Keith Richards. Et il n'a voulu censurer qu'un seul passage. Celui qui a trait au recours d'un coach vocal par le chanteur. Mais Richards a tenu bon, soulignant: "j'essaye de dire la vérité ici".

Et même si "quelques trucs l'ont foutu en rogne" dans l'ouvrage, reconnaît-il, les plus célèbres frères ennemis du rock'n'roll sont toujours amis. La preuve ? Il est question qu'ils remontent sur scène avec les Stones en 2011. "Je crois que ça va se faire. J'en ai parlé à...Sa Majesté. Brenda", rigole Keith, dans son rôle d'éternel gamin de 67 ans.

Lennon, Anita Pallenberg
Il est aussi question d'autres célébrités dans ce livre, dont les premières bonnes feuilles ont été publiées ces jours-ci dans Le Times (accès payant). Et notamment de John Lennon, qualifié de "silly sod" (couillon, idiot). "Je crois que John n'a jamais quitté ma maison autrement qu'à l'horizontale", se souvient-il.

Côté amours, on retient sa tirade romantique à propos du mannequin Anita Pallenberg, qu'il avait piquée à Brian Jones lors d'un voyage en Espagne et qui lui a donné trois enfants. "Je me rappelle encore de l'odeur des orangers à Valence. Quand vous sortez avec Anita Pallenberg pour la première fois, vous n'oubliez pas les détails".

Plus que l'addiction aux drogues, le passage le plus bouleversant du livre, mais le plus pudique aussi, semble être celui où il évoque pour la première fois la souffrance et le remord face à la mort de son garçon Tara, peu après sa naissance en 1976, alors qu'il était en tournée. "Avoir laissé un nouveau-né est quelque chose que je ne peux me pardonner" dit-il dans "Life". Depuis, il ne se passe pas une semaine sans qu'il y pense.

L'héroïne, l'acide et les petits nains casqués
Côté drogue, Mister Rock'n Roll raconte dans le détail son addiction à l'héroïne, dont il n'a réussi à se passer qu'en 1978, mais aussi à la cocaïne, arrêtée finalement en 2006 après une vilaine chute et une opération au cerveau. S'il n'élude pas le sordide de la dépendance et ses rituels, on ne peut pas dire que ce sont pas les regrets qui l'étouffent.

"Quand je prenais de la dope, j'étais convaincu que mon corps était mon temple. Je peux faire ce que je veux avec et personne n'a son mot à dire", dit-il dans ses mémoires. "J'aimais une bonne défonce. Et si tu restes réveillé, tu as les chansons que les autres vont louper parcequ'ils sont endormis", ajoute-t-il sans langue de bois.

Heureusement, avec le recul et l'humour de Keith, on n'est jamais très loin du burlesque, même dans les pires situations. Le fou rire est au rendez-vous quand il raconte par exemple son arrestation à Londres après une nuit de défonce à l'acide.

"On frappe à la porte. Je regarde par la fenêtre et je vois plein de nains dehors, tous vêtus pareil. C'était des policiers mais je ne le savais pas. Ils ressemblaient à des personnes toutes petites avec des habits bleu foncé et des casques qui brillaient. Quel accoutrement ! Vous étiez censés venir ? Peu importe, entrez, il fait froid dehors", leur lance-t-il avant d'être arrêté. Bref, it's only rock'n'roll.

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6 Re: Life, la bio du vieux Keith le Dim 31 Oct - 11:18

pilou


jamais content
Lu quelques extraits de la virée US de 1975.... ça promet ;-)

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7 Re: Life, la bio du vieux Keith le Dim 31 Oct - 11:31

pilou


jamais content
Chtit cadeau, une ITV fleuve de Keith pour le dernier Télérama.
Au lien de l'article, quelques vidéos en prime:
http://www.telerama.fr/musique/keith-richards-depuis-presque-cinquante-ans-je-m-efforce-de-faire-tenir-les-stones,61836.php

Keith Richards : “Depuis presque cinquante ans, je m’efforce de faire tenir les Stones”. Grand entretien.




LE FIL MUSIQUE - Son enfance, la drogue, ses relations avec Mick Jagger, la célébrité... Dans son livre, "Life", le guitariste des Rolling Stones se raconte. Avec sincérité et pas mal de recul.

Pour beaucoup, il est le rock incarné. Abîmé par des années d'excès mais indestructible, fier garant de la longévité et de l'indéfectible crédibilité des Rolling Stones, Keith Richards, 66 ans, publie aujourd'hui son autobiographie. Un livre aussi épais qu'épique, aussi drôle que terrifiant, dans lequel l'homme qui a érigé sa science unique du riff en art majeur se raconte comme il a vécu : en homme libre, avec des principes et un sens moral bien à lui. De son enfance modeste dans une grande banlieue de Londres à la création, encore adolescent, des Rolling Stones, en 1961. De sa passion pour le blues authentique à sa vie extrême, en marge des lois et de la société. De son éternelle relation conflictuelle avec son frère ennemi, Mick Jagger, à ses amours et amitiés singulières et déjantées. Life raconte cinquante ans d'un parcours consacré à maintenir la flamme sacrée du « greatest rock'n'roll band in the world ». Richards le trompe-la-mort, véritable pirate des temps modernes, malicieux et sensible, impitoyable et lucide, nous a reçu, à New York, en exclusivité.

Longtemps, surtout dans les années 1970, vous avez figuré en tête du classement des rockers qui ne passeraient pas l'année. Vous avez intitulé votre livre Life (« La Vie »). C'est ironique ?
Alors que j'étais à mi-parcours de la rédaction du livre, mon éditeur m'a envoyé un projet de couverture. Il l'avait appelé My life (« Ma vie »). Ce n'était qu'un titre provisoire. Quand j'ai vu ça, j'ai réfléchi cinq minutes et j'ai barré le « My ». « Ma vie », c'était trop ronflant, prétentieux. « La Vie », ça me convient bien.

Parce que, derrière votre image autodestructrice, le livre révèle avant tout un être combatif, accroché à sa passion et à ses idéaux ?
Tant qu'on n'a pas à se pencher sur son existence, on n'y pense jamais. On vous dit « vous avez une histoire extraordinaire à raconter ». Première nouvelle. J'ai toujours eu l'impression de vivre au jour le jour, sur le fil du rasoir, d'avoir échappé à ceci, de m'être sauvé in extremis de cela, d'avoir évité la prison de justesse. Et puis, une fois plongé dans mes souvenirs, j'ai réalisé qu'il s'agissait d'un parcours hors du commun. Revoir toute sa vie défiler devant ses yeux, passer deux années à revivre son passé, c'est une drôle d'expérience, très chargée en émotions. Parfois aussi très douloureuse. Se souvenir d'humiliations subies à l'école, ou reparler de Tara, le petit garçon que j'ai perdu, bébé, en 1976. C'est une blessure qui ne cicatrise jamais, la rouvrir, c'est dur... Voilà comment un projet qu'on imagine plaisant et léger peut faire basculer dans des gouffres insoupçonnés.

Vous sentez-vous toujours proche du jeune Keith, enfant unique, chétif et déterminé, élevé à Dartford, dans le Kent ?
Oui, c'est assez étonnant. Le temps brouille les repères, on se croit toujours loin de l'enfant qu'on a été parce qu'on vit au présent. James Fox, qui a écrit ce livre avec moi, m'a poussé à aller toujours plus profond. Je pense avoir raconté le plus sincèrement possible la façon dont j'ai vécu. Le plus dur a été de supprimer des souvenirs embarrassants pour certains. J'ai vu des gens faire de drôles de choses que leur mari, femme ou enfant n'ont pas besoin de savoir... A l'arrivée, je n'ai pas trahi mes rêves d'adolescent : devenir musicien, enregistrer des disques, être libre... Mais la façon dont ma vie s'est déroulée reste un mystère. Je ne suis sûr que d'une chose : jamais je n'ai voulu être une star. Ma seule ambition était de jouer de la guitare. Mais, très vite, la célébrité m'est tombée dessus. J'ai compris qu'il fallait trouver un moyen de faire avec, sans qu'elle me vampirise. C'était un mal nécessaire pour faire de la musique comme je l'entendais.

Brian Jones, le premier guitariste des Stones, s'est laissé piéger par cette célébrité...
Quand on devient une star, il faut le prendre comme un jeu. Ce n'est pas très difficile, ça peut même être assez amusant. Mais beaucoup de musiciens se prennent vite pour des dieux. Brian Jones particulièrement. Ce type qui pouvait être aussi charmant que détestable est tombé dans le panneau ! Jusque-là, les Rolling Stones étaient cinq gars soudés par leur amour de la musique. Mais il n'existe rien de plus fragile qu'un groupe de rock. Il suffit d'un maillon faible et la chaîne explose. Il a donc fallu être impitoyable. Les Stones ont toujours survécu ainsi : en se débarrassant des maillons faibles (1).


Brian Jones était pourtant, à l'origine du groupe, non seulement le musicien le plus accompli mais aussi le plus puriste d'entre vous...
Oui, c'est bien le plus tragique dans cette affaire. Au début, nous n'étions qu'une bande de gamins idéalistes. Notre seule envie était de transmettre notre amour du blues, de faire connaître ces musiciens américains incroyables dont on essayait d'interpréter au mieux les chansons. Et puis, d'un coup, nous sommes devenus célèbres et nous avons vu Brian devenir dingue. Cette folie en a atteint tellement avant et après lui, d'Elvis à Michael Jackson. Moi, je me suis toujours préservé. Je n'ai jamais perdu de vue ce qui était le fondement de mon existence, ce groupe inespéré. Aujourd'hui, il reste encore Mick Jagger et Charlie Watts. Le noyau central, originel, est toujours là. Il ne faut pas y toucher. Je serais capable de tuer celui qui chercherait à le détruire.

D'où vient l'extraordinaire longévité des stars ?
Ce que les Stones ont accompli avec le temps est unique. L'énergie qui nous unit est miraculeuse. Il existe des centaines de guitaristes meilleurs, plus talentueux, plus virtuoses que moi, mais cela n'a jamais été mon souci. Tout ce qui m'intéresse, c'est de créer un son. Voilà la vraie magie des Rolling Stones. Ce ne sont pas les musiciens qui manquent et, pourtant, il y en a très peu avec qui j'aimerais travailler. Je suis lié à un batteur, Charlie Watts, fidèle comme un roc, et ça me suffit. C'est avec lui qu'on a bâti un art du rythme bien à nous. Tout ce que j'ai pu inventer au cours des ans repose sur cette force qu'il m'apporte. On se connaît si bien qu'on peut prendre tous les risques. La musique des Stones n'a jamais été une science exacte, tout se joue dans l'entre-deux, dans la complicité entre Mick, Charlie et moi. Sans oublier Ron Wood, un guitariste avec qui je m'entends parfaitement.

Dans le livre, vous êtes très sévère avec Mick Jagger, avec cette fascination qu'il avait pour les puissants, sa volonté de tout contrôler et, plus tard, son désir de faire cavalier seul...
Aujourd'hui encore, je ne comprends toujours pas ce qui s'est passé. Au fond, son problème principal, ce sont les femmes. Il les veut toutes... Quel imbécile ! Après, ça m'est bien égal, s'il veut un harem au Tibet, tant mieux pour lui. Du moment qu'il est heureux, ça me va. Car une chose est certaine, une alchimie exceptionnelle nous lie.

Vous dites qu'à un moment il a décollé vers « jet-set land » tandis que vous avez sombré dans « dope land »... C'est à partir de là que votre relation d'amour et de haine a commencé.
Ouais. Mais, en même temps, qui a dit qu'il fallait rester copains à vie, inséparables et d'accord sur tout, pour qu'une relation comme la nôtre puisse perdurer ? Nos rapports ont toujours été faits de clashs et de conflits... Je tiens aussi à dire que cette opposition entre lui et moi est infime par rapport à ce qui nous unit toujours. Parce que, finalement, la seule chose qui compte, c'est la musique. Depuis presque cinquante ans, je m'efforce de faire tenir ce groupe et, à ce jour, j'ai rempli ma mission.

Votre approche particulière de la musique vous vient d'où ?
De mon grand-père Gus, qui jouait du violon et du saxophone. C'est lui qui m'a encouragé à jouer de la guitare, qui m'a initié. Il m'a appris Malagueña, le premier morceau sur lequel je m'écorchais les doigts du matin au soir. Surtout, il m'a prodigué ce conseil : « Tu sais, gamin, tant que tu joueras seul, tu auras toujours l'impression d'assurer. Mais essaie avec quelqu'un d'autre et tu verras, ce n'est jamais gagné. » Je n'ai pas bien compris à l'époque ce qu'il voulait dire, ni même s'il parlait seulement de musique ! Mais je n'ai pas tardé à faire de sa leçon une règle de vie. Fabriquer des chansons, c'est comme travailler sur un métier à tisser : mélanger les instruments, les sons, à un point où il est quasi impossible de les démêler, de savoir précisément qui joue quoi. C'est pour ça que peu de gens arrivent à jouer correctement un morceau des Stones. Parce que je joue sur cinq cordes, avec un doigté précis, particulier, et un rapport au temps qui m'est propre. Ça n'a rien à voir avec la technique ou la virtuosité. Juste du style, du feeling. Comme Chuck Berry, Muddy Waters, Phil Everly et tous ces musiciens qui m'ont inspiré.

Vous êtes retourné à Dartford pour la première fois depuis des dizaines d'années...
Oui, pour le livre. Tout m'a paru si petit. A l'époque, c'était moi qui étais petit et malingre, tout le reste me paraissait grand. Mais les gens n'ont pas changé. Je suis allé chez le coiffeur et j'avais l'impression de rentrer au bercail. J'ai retrouvé chez les coiffeuses les mêmes attitudes, la même façon de parler qu'il y a cinquante ans ! Des pures « Dartford girls ». Et je me suis dit que la musique qu'écoutent ces filles aujourd'hui provient de tout ce que les Rolling Stones ont bouleversé autrefois. C'est ce qui m'émeut le plus. J'ai réussi à transmettre la musique que j'aimais. Dommage que, pour y arriver, on soit obligé de se coltiner ce star-système qui a détruit tant d'amis proches, comme Jimi Hendrix ou Gram Parsons. Combien de fois ai-je essayé de leur dire de ne pas aller trop loin...

Vous-même avez testé jusqu'à l'extrême vos limites avec la drogue. Mais, semble-t-il, davantage dans le souci de vous protéger que de vous détruire...
Ça paraît bizarre, mais il y a beaucoup de ça. Evidemment, la démarche n'était pas consciente. Mais le fait d'être junkie m'a permis de garder les pieds sur terre, ou du moins dans le caniveau ! Quand on est sur la route, comme je l'étais avec les Stones, le souci principal du junkie que j'étais était de trouver de la bonne came. Ce qui rend la vie assez simple, en définitive, car on ne se concentre que là-dessus : ne pas se faire avoir pour ne pas planter les autres, pouvoir assurer le soir en concert. Dans le milieu de la dope, vous n'êtes qu'un junkie comme un autre : il n'y a pas d'idole du rock'n'roll qui tienne. Pas de risque de se prendre pour un dieu, du coup.

De la même manière, vous avez exposé votre premier fils, Marlon, à cette vie « rock'n'roll ». Là encore, pour le protéger. Vous l'avez emmené en tournée avec vous à 7 ans, en 1976...
La famille, c'est important pour moi. J'ai emmené Marlon avec moi pour ne pas le laisser avec sa mère, Anita [Pallenberg, NDLR], qui était sérieusement à côté de la plaque à l'époque. Je pensais que Marlon serait plus en sécurité avec moi. J'ai assumé un rôle de papa et de maman avec lui. Bien sûr, ça fonctionnait surtout à l'instinct mais, à l'arrivée, tout le monde s'en est plutôt bien tiré. Marlon me servait de copilote quand je conduisais. On parcourait tous les deux l'Europe en voiture, de concert en concert. Quelque part, l'héroïne - et, que les choses soient claires, je ne recommanderais à personne d'en prendre ! - a bâti un mur autour de moi, qui m'a certainement beaucoup préservé de la folie qui nous entourait à l'époque.

Dans les années 1980, lorsque Jagger vous lâchait pour tenter une carrière solo, vous étiez dévasté. Vous avez alors renoué avec votre père, avec qui vous aviez coupé les ponts à 17 ans.
Mon père était un type très rigide qui ne comprenait pas que je veuille faire de la musique. J'étais fils unique et la dernière fois que je l'avais vu, je quittais la maison, ma guitare sous le bras. Il m'a lancé un « bonne chance, fils, va rejoindre les milliers d'autres guitaristes qui crèvent de faim... », et je ne l'ai plus revu. J'avais laissé un homme austère et sobre – au mieux, il s'autorisait une bière le week-end – et, vingt ans plus tard, je retrouvais un rude gaillard qui descendait sans broncher une bouteille de rhum par jour. Est-ce lui qui a fini par me ressembler ou l'inverse ? Toujours est-il qu'on est devenus inséparables. Lui qui n'était sorti d'Angleterre qu'une seule fois, le temps de sauter sur une mine en Normandie pendant la guerre – il boitait –, m'a suivi autour du monde. Il était devenu adorable, tout le monde l'aimait. Je m'absentais cinq minutes, et je le retrouvais avec la comédienne Brooke Shields sur les genoux !

John Lennon aurait eu 70 ans cette année. Dans Life, vous affirmez qu'avec Gram Parsons il est le musicien dont vous vous sentiez le plus proche...
J'ai toujours pensé que John était un peu frustré, insatisfait, d'être un Beatle ! Comme s'il se sentait coincé dans une bulle. Il voulait prendre des risques, essayer des choses nouvelles. Les trois autres me paraissaient beaucoup plus prudents. Mais John venait toujours me voir. On passait pas mal de temps à discuter de musique, à écrire des chansons qui n'ont jamais vu le jour !

A quel point était-ce calculé de vous présenter comme les anti-Beatles ?
Nous étions vraiment comme ça : mal fagotés et avec des mauvaises manières. Mais c'est Andrew Loog Oldham, notre manager, qui a su l'exploiter. Sous la direction de Brian Epstein, le manager des Beatles, c'est lui qui avait façonné l'image du Fab Four, avec leurs petits costumes. Mais les deux hommes se sont fâchés et Andrew a été viré. Il s'est dit alors : « Il doit bien y avoir un autre groupe aussi bon et avec un potentiel aussi gros que les Beatles. » Et il nous a trouvés. Il a voulu nous faire porter des costumes, mais en vain. Puis il a eu l'idée de génie : promouvoir notre côté voyous, faire de nous le groupe qui ferait passer les Beatles pour d'aimables petits toutous !

C'est aussi Andrew Loog Oldham qui vous a forcés à écrire des chansons ensemble, vous et Mick...
Il nous a dit que si on voulait durer, il fallait qu'on écrive nos propres chansons. Il nous a désignés, Mick et moi, et enfermés dans une cuisine en disant qu'on ne sortirait de là que lorsqu'on aurait composé une chanson. C'est ainsi qu'a jailli As tears go by. Ce qui nous paraissait impensable nous est venu facilement. Le tandem Jagger-Richards était né. Parfois, je me dis qu'on devrait peut-être s'enfermer à nouveau avec Mick dans une cuisine pour composer ! Je sais que, quoi qu'il se soit passé entre nous, nous sommes toujours capables de retrouver cet état d'esprit.

Lorsque votre mère, Doris, était mourante, vous êtes allé à l'hôpital lui jouer de la guitare. Notamment, Malagueña, le morceau que vous avait appris son père, Gus...
C'est un morceau spécial. Vers la fin des années 1960, on était allés au Pérou, avec Mick et Anita. On a voulu visiter le Machu Picchu et on est tombés en panne dans un bled paumé. Les gens ne savaient pas qui nous étions, ils nous regardaient avec méfiance. Alors j'ai sorti ma guitare et j'ai joué Malagueña. Et leur visage a changé. Ils nous ont accueillis et hébergés pour la nuit... C'est dire ce que je dois à Gus, à ma guitare, à cette chanson. Quant à ma mère, je lui dois plus encore. Je l'aime pour tout le sang qui coule dans mes veines. Et cet amour infini pour la musique qu'elle m'a transmis. Souvent, lorsqu'on devient musicien, en maîtrisant la technique, on perd la joie pure de l'apprécier en toute simplicité. Le plaisir intense d'entendre une chanson, sans l'analyser, que j'ai toujours malgré tout mon bagage, me vient de Doris. Je peux encore me laisser emporter par un air et le chanter, comme elle, un peu faux...


Propos recueillis par Hugo Cassavetti
Télérama n° 3172
(1) Brian Jones, anéanti par la drogue, fut limogé par Jagger et Richards en juin 1969. Quelques semaines plus tard, on le retrouvait mort dans sa piscine.

A lire: Life, de Keith Richards, éd. Robert Laffont, 664 p., 22,90 EUR. Parution le 28 octobre 2010.

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8 Re: Life, la bio du vieux Keith le Dim 31 Oct - 13:27

berny


Taulier de la Taulière, admin
Taulier de la Taulière, admin
Merci PIlou.
J'aurais jamais imaginé son intérieur ainsi. A y regarder de près, il ne semble pas y avoir de disques.


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9 Re: Life, la bio du vieux Keith le Dim 31 Oct - 15:23

pilou


jamais content
berny a écrit:Merci PIlou.
J'aurais jamais imaginé son intérieur ainsi. A y regarder de près, il ne semble pas y avoir de disques.

Outre ce qui semble en effet être son intérieur à NYC et qui m'étonne aussi, je découvre l'âme de ce mec, qui ne s'est finalement jamais livré avant cette bio. Il a visiblement une philo toute perso, mais qui rend sa vie très cohérente.
Me faut ce bouquin ;-)

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10 Re: Life, la bio du vieux Keith le Dim 31 Oct - 15:47

pilou


jamais content
L'essence du rock que ce boeuf entre Keith et Chuck !

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11 Re: Life, la bio du vieux Keith le Dim 31 Oct - 16:24

berny


Taulier de la Taulière, admin
Taulier de la Taulière, admin
Ya beaucoup de show bien entendu de la part de Chuck Berry, ce vieux cabotin qui en fait toujours des caisses en face d'une caméra.
Il n'empêche qu'on a ici un élève (Keith) en jam avec un de ses maitres. Keith le dit d'ailleurs dans l'interview plus haut. Il y cite aussi Phil Everly (oui, des Everly Brothers) ce qui me ravit mais mais me surprend quand même un peu.


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12 Re: Life, la bio du vieux Keith le Dim 31 Oct - 17:48

pilou


jamais content
From Paris Match:

Keith Richards : une vie entre l’enfer et les paradis


Photo REUTERS/Scanpix Sweden





« Life » (éd. Robert Laffont) a été coécrit avec James Fox, un auteur britannique qui a interviewé Keith pour la première fois en 1973.


C’est le « guitar hero » absolu. Et un survivant. La conscience musicale des Rolling Stones publie ses Mémoires.
Un monument de sexe, drogue et rock’n’roll

Un entretien à New York avec notre envoyé spécial Romain Clergeat - Paris Match

Paris Match. Le passage le plus étonnant de votre ­autobiographie concerne la création du groupe. Contrairement à la légende rapportée dans tous les livres, ce n’est pas Brian Jones qui a fondé les Rolling Stones !
Keith Richards. Cela a été rapidement le problème avec lui. Dans sa tête, sans que l’on sache bien pourquoi, il se prenait pour le leader. C’est ainsi qu’il recevait 50 livres de plus que nous chaque semaine, et on n’était pas au courant ! Pareil pour le nom du groupe. C’est en téléphonant à un petit club, pour se faire engager, que le problème s’est posé. Le type nous demandait notre nom. Il y avait la pochette d’un disque de Muddy Waters étalée par terre, dont le premier titre était “Rollin’ Stone Blues”. Cela a été une concertation collective dans l’instant. Tout en tenant le combiné, on s’est dit : “Les Rolling Stones ? Oui, ça sonne bien.” Ce n’est pas Brian Jones qui, dans son coin, a eu une grande réflexion pour la postérité.

Lorsque vous avez commencé à composer avec Mick ­Jagger, Brian Jones s’est senti exclu, et cela a été le début de sa descente aux enfers. N’auriez-vous pas pu l’inclure dans le processus de composition ?
Aujourd’hui, je vous réponds oui. Bien sûr qu’on aurait pu être plus attentifs, comprendre qu’il s’imaginait qu’on l’écartait alors que c’était faux. Bien sûr que nous aurions pu l’inviter à participer à l’élaboration des chan­sons, mais c’est la réflexion d’un adulte, pas celle du gamin que j’étais, qui ne réfléchissait pas tellement en ces termes. Et il faut être honnête aussi, je n’ai jamais vu le début du commencement d’une chanson écrite par Brian. On m’a dit que j’étais dur avec lui dans le livre, mais ce n’était vraiment pas un personnage facile. Je n’ai jamais connu un autre type à qui la gloire était montée à la tête aussi vite. C’est étonnant, d’ailleurs, car c’était un petit gars de la campagne, propre sur lui et gentil.

En racontant la liaison que Mick Jagger a eue sur le tournage de “Performance” avec Anita Pallenberg, votre compagne d’alors, vous dites que cela a creusé un fossé entre vous et lui, “pour toujours”. Qu’entendez-vous par là ?
Ce n’est pas tant le fait d’avoir couché avec Anita. Il faut se remettre dans le contexte des sixties. Tout le monde essayait tout avec tout le monde. En plus, je n’étais pas un jaloux hystérique. Cela aurait été vain avec Anita. C’était un sacré caractère qui, de toute façon, n’en faisait qu’à sa tête. J’en ai surtout voulu à Mick, parce que cette escapade cinématographique compromettait l’équilibre du groupe. Et le bouquet, c’était qu’il se tapait ma copine, en plus ! En même temps, il m’a fait saigner et j’ai écrit “Let it Bleed”, et mis en colère, ce qui m’a fait écrire “Gimme Shelter”. Alors, l’un dans l’autre…

D’autant que vous vous êtes vengé en couchant avec ­Marianne Faithfull…
Exact. Il s’en est fallu d’un cheveu que Mick ne me chope, d’ailleurs. J’ai sauté par la fenêtre en caleçon, avec mes affaires, en entendant sa clé dans la serrure. J’y ai d’ailleurs laissé mes chaussettes, mais Mick n’est heureusement pas le genre de bonhomme à chercher des chaussettes sous le lit.

Vous prétendez avoir commencé à vous droguer pour ne pas être une rock star. Que voulez-vous dire ?
Cela, c’est venu plus tard. J’ai commencé à me droguer pour tenir le coup ! Je fréquentais beaucoup de musiciens noirs en tournée, et ils étaient toujours en forme et impeccables. Moi, j’avais 19 ans, je devais assurer parfois trois shows par jour, cinq fois par semaine, et j’étais épuisé. Un jour, je leur ai demandé : “Mais comment vous faites, les gars ? J’ai quinze ans de moins que vous et je suis fracassé.” Ils m’ont répondu discrètement : “Petit gars, tu prends cette petite pilule pour tenir, celle-ci pour te détendre, celle-là pour relancer la machine…” Et de fait, grâce à la potion de mes cousins blacks, je pétais le feu ! Voilà comment j’ai commencé. Pour travailler, pas pour faire la bamboula. Par la suite, il a fallu gérer une existence publique, ce qui a été plus compliqué pour moi. Comme disait Fellini : “Je ne veux pas être dans mes films, je veux faire des films.” Moi, c’est pareil, mais à partir du moment où j’ai compris que, pour enregistrer des chansons, il fallait que je sois une rock star, j’ai accepté le contrat et je l’ai rempli. Mais à ma façon, en me shootant pour faire face à toute la pression extérieure.

A quel moment vous êtes-vous rendu compte que vous aviez à l’évidence des dispositions physiques hors normes pour encaisser les excès ?
Quand je me comparais avec d’autres, je suppose. Brian était déglingué en permanence. John Lennon n’est jamais sorti de chez moi debout, ni sans avoir au préalable vomi dans mes toilettes. Et puis, j’étais un junkie discipliné. D’abord, je ne prenais que de la très bonne qualité. ­Ensuite, je savais jusqu’à quel point je pouvais aller pour être capable de fonctionner. Quand certains cherchent toujours à aller plus haut, encore un peu plus haut… Illusion, bien sûr. Et puis, j’ai une bonne constitution. J’ai quand même guéri d’une hépatite C sans rien faire !

Vous détenez probablement un record avec neuf jours et neuf nuits sans dormir. Comment peut-on arriver à un rythme pareil ?
J’avais une telle énergie ! Je prenais de la coke pour tenir plus longtemps et, quand je voyais que j’atteignais la cote d’alerte, je compensais avec de l’héro pour ralentir, et ainsi de suite. Mais j’ai passé la plupart de ce temps à composer. Une partie du matériel d’“Exile on Main Street” vient de là. Je ne le faisais pas pour faire la fête, même si, soyons honnête, j’ai abondamment donné aussi… C’était surtout pour travailler, écrire, enregistrer, recommencer, etc. Et, dans cet état, on ne voit pas le temps passer. On croise des gens qui ont dormi, pris leur petit ­déjeuner, alors que, pour moi, ce n’était qu’une longue et même journée. Quand ils revenaient, je leur disais : “Mais où étiez-vous donc passés ?”

Les tournées de 1969, 1972 et 1975 sont sûrement les plus folles de l’histoire du rock’n’roll. Si vous aviez à qualifier la plus dingue, laquelle prendriez-vous ?
Celle de 1969 a été folle, mais aussi parce que l’Amérique vivait alors une période folle. Le Vietnam, les assassinats de King et de Kennedy l’année précédente. Cela s’est d’ailleurs tragiquement terminé pour nous, à Altamont, par la mort d’un spectateur, ce qui résume assez bien l’histoire. C’était la première fois que nous jouions comme un “gros” groupe en tournée. Tout était plus grand, les salles de concert, le nombre de dates à assurer, la quantité de spectateurs, les after shows, les groupies, etc. Tout a pris une autre dimension, et on a vécu ça comme une énorme excitation. En 1972, c’était la Stones Touring Party [la fiesta itinérante des Stones]. Cela me semble assez clair. En 1975, c’était la tournée de la coke. Mon rythme sur scène, c’était une chanson, une ligne…

En 1976, Anita n’étant pas en état de s’occuper de votre fils Marlon, il vous a accompagné en tournée, alors que vous étiez un junkie complet. N’aviez-vous pas peur de l’exposer ainsi à un mode de vie démentiel et dangereux ?
J’étais parfaitement conscient que ce n’était pas la place d’un petit garçon de 7 ans d’être au milieu de musiciens qui se couchaient à pas d’heure, des filles et de la drogue, mais j’ai vu cela sous l’angle de la tribu. Il vivait avec nous, au sein de notre caravane. Les autres membres du groupe le protégeaient.

Vous voyagiez ensemble pour aller de ville en ville, et il vous avertissait quand vous vous endormiez sur la route…
Ou il me prévenait quand les flics arrivaient pour fouiller la voiture à la recherche de drogue. Il m’a été très précieux, mon petit Marlon. De plus, il lit très bien les cartes routières.

Les pages les plus émouvantes du livre sont celles où on vous annonce, juste avant de monter sur scène, que vous venez de perdre votre bébé, Tara. Comment avez-vous pu jouer “Satisfaction” ce soir-là ?
J’ai réfléchi dix secondes. Tout le monde pensait que j’allais annuler, mais je n’ai pas voulu. Cela n’aurait servi à rien. Je ne pensais pas en parler dans ce livre, mais c’est le principe d’une autobiographie, je crois. On revient malgré soi sur les épisodes les plus douloureux de sa vie. L’écrire m’a obligé à me remémorer les bons moments avec des amis disparus, et à raviver le souvenir de Tara. Il aurait plus de 30 ans aujourd’hui, et j’y pense chaque semaine.

Pourquoi dites-vous ne pas savoir où il est enterré ?
[Très long silence.] Ce qui s’est passé avec Tara est ­entre Anita et moi. Jamais je ne me pardonnerai d’avoir ainsi laissé un nouveau-né… Dire adieu à un bébé, ce n’est pas dans l’ordre naturel des choses. Lorsque c’est arrivé, il ne m’apparaissait pas concevable de l’enterrer avec une pierre tombale sur laquelle on serait allés le voir de temps en temps. Mais je le retrouverai un jour, quelque part.

Diriez-vous que vous avez touché le fond, quand vous ­alliez chercher de la drogue dans les bas quartiers de New York, muni d’un pistolet ? Ou lorsque vous vous êtes ­injecté de l’héroïne dans le tribunal où l’on vous jugeait à ­Toronto, alors que vous étiez censé être en désintoxication ?
Toronto a sans doute été le plus grave. Quand on est venu m’arrêter, la police canadienne a mis une heure pour me réveiller en me balançant des claques dans la gueule. Il faut dire que je n’avais pas dormi depuis cinq jours ! Je pensais vraiment que j’allais partir en prison pour cinq ans. J’étais accusé de trafic, de détention et d’importation illégale. Mais là où j’ai touché le fond, c’est en 1978, lorsque j’attendais mon dealer dans une boîte de nuit minable, en vomissant sur le canapé, car en manque et inquiet qu’il puisse me rater. J’étais numéro un avec “Miss You” et j’en étais réduit à ça. Cela a été un moment clé où je me suis dit : “Il faut que j’arrête. Vraiment.” J’avais déjà fait cinq tentatives auparavant, mais replongé à chaque fois. Ce coup-ci a été le bon. On croit toujours que je suis un junkie, mais j’ai décroché depuis plus de trente ans !

Qu’avez-vous dit à vos filles quand elles étaient adolescentes et partaient en virée à New York ? Il vous était ­difficile de jouer au père Fouettard, non ?
J’ai toujours été très ouvert avec elles. Je n’ai jamais esquivé la moindre question sur n’importe quel sujet. J’ai donc expliqué que telle drogue faisait ci, telle drogue faisait ça. En réalité, je pense que je suis mieux placé pour conseiller mes filles qu’un père qui ne sait rien de la drogue et dit : “Ne touche pas à ça”, comme un robot fait la morale. La preuve en est, c’est qu’elles vont très bien. Et puis, un petit joint de temps en temps n’a jamais fait de mal à personne, n’est-ce pas ?

Mick Jagger a-t-il lu votre livre et demandé des ­suppressions ?
Etrangement, la seule chose qui lui a posé un problème, c’est que je dise qu’il avait un coach vocal. La bonne blague. Mais tout le monde le sait, Mick

Comment expliquez-vous que vous soyez entré en guerre avec lui, dans les années 80 ?
D’abord, parce qu’on a commencé à vivre à deux endroits différents. Auparavant, on était souvent ensemble, et il était facile de se voir, de travailler. Et c’est là où on s’entend le mieux. Puis Mick a commencé à devenir un jet-setteur fou, ce que je n’aimais pas. Comme lorsqu’il voulait un mariage discret avec Bianca et a choisi Saint-Tropez en plein été… Mais, pour être honnête, j’ai senti, dès la fin des années 70, qu’un clash allait survenir. Une fois devenu clean, j’ai très vite compris que Mick n’aimait pas du tout que je m’investisse davantage dans les affaires du groupe. Moi, naïf, j’avais une attitude plutôt sympa : merci, mon vieux, d’avoir assuré toutes ces années pendant que j’étais à l’ouest, maintenant je vais te soulager un peu. Or, Mick adore tout contrôler. C’est son côté Hitler. Ou Napoléon, si vous préférez, puisque vous êtes français. Plus d’une fois, au cours de réunions d’avant tournée, il me disait : “Oh ! tais-toi, Keith, c’est idiot ce que tu dis.” Vous imaginez comme ça me plaisait…

Pensez-vous que les Stones seraient encore ensemble si les albums solos de Mick Jagger, dans les années 80, avaient marché ?
Mais Mick Jagger n’est rien sans les Rolling Stones ! Pas plus que Keith Richards, d’ailleurs. Ensemble, c’est autre chose, et c’est ce qu’il a mis du temps à comprendre. Mais je n’étais pas tellement inquiet car je savais qu’il était incapable de faire un bon album tout seul.

Vous avez dû être content de voir que vos propres essais en solo ont reçu un meilleur accueil que les siens ?
J’ai fait ça pour m’occuper, mais cela ne m’a pas ­dérangé, en effet.

Vous dites qu’il est un peu comme votre frère, mais vos commentaires sont quand même très acides à son égard. On vous sent encore en colère.
A l’époque, c’était le cas. Quand j’ai appris que, dans mon dos, il signait un deal pour les Stones avec CBS en échange d’un projet d’album solo, je l’aurais tué ! Je ne comprends toujours pas comment il a pu péter les plombs à ce point-là. Vouloir être plus que la plus grande star du show-biz de la planète, ce qu’il était, ça me dépasse. A un moment, on avait l’impression que c’était Sa Majesté et que nous bossions pour lui, au cacheton ! Quand il était dans la pièce, nous évoquions “cette pétasse de Brenda” pour qu’il ne comprenne pas qu’on parlait de lui.

Aujourd’hui, vous ne parlez que de business ou vous ­arrive-t-il encore d’aller boire un coup comme deux copains ?
C’est lorsqu’on est séparés qu’il y a des problèmes. Il y a quinze jours, il est venu chez moi, à Londres, et on a passé l’après-midi ensemble.

Mais peut-on encore parler de “groupe” à propos des ­Rolling Stones ? Vous-même dites que cela fait vingt ans que vous n’avez pas mis les pieds dans sa loge !
On pourrait inverser la chose. Cela fait vingt ans qu’il n’a pas mis les pieds dans la mienne ! Il est certain que nous sommes deux personnes très différentes. Ma loge est pleine de musique, de gens qui vont et qui viennent. Celle de Mick est une cellule de moine. Il fait ses vocalises, ses exercices physiques… Ce n’est pas la même ambiance. Mick était beaucoup plus chaleureux avant. Il s’est un peu enfermé dans un frigo, avec une mentalité d’assiégé, mais bon, maintenant ça va, on a aplani les choses.

Tout de même, dans les années 70, vous chantiez fantastiquement tous les deux sur scène. Aujourd’hui, quand vous interprétez vous-même deux chansons, il s’éclipse. Par contrat, même, paraît-il !
Mais j’aimerais qu’il vienne sur scène chanter avec moi ! Dans son esprit, c’est par respect pour moi, sans doute : “C’est le quart d’heure du show de Keith, je ne vais pas le déranger.” Je ne verrais aucun problème à ce qu’il vienne. Mais il faut qu’il change de robe, aussi…

N’avez-vous pas été surpris par tous les témoignages de sympathie reçus après votre accident aux Fidji ?
Ils m’ont quasiment tué pour de bon, avec ces témoignages d’amour ! C’était incroyable. Et pourtant, je n’ai ­jamais été très sympa dans la vie. Un vrai trou du cul, ­parfois. Mais là, tous ces gens qui s’inquiétaient pour moi, c’était fou. Sans parler du message de Tony Blair. Le ­Premier ministre, le chef de l’establishment qui a essayé cent fois de me mettre en taule, s’inquiétait pour moi ! L’ironie de l’histoire n’est pas banale.

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13 Re: Life, la bio du vieux Keith le Dim 31 Oct - 19:15

pilou


jamais content
berny a écrit:Ya beaucoup de show bien entendu de la part de Chuck Berry, ce vieux cabotin qui en fait toujours des caisses en face d'une caméra.
Il n'empêche qu'on a ici un élève (Keith) en jam avec un de ses maitres
. Keith le dit d'ailleurs dans l'interview plus haut. Il y cite aussi Phil Everly (oui, des Everly Brothers) ce qui me ravit mais mais me surprend quand même un peu.

Absolutely taulier !

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14 Re: Life, la bio du vieux Keith le Lun 8 Nov - 17:42

En lisant les deux interviews, je me demandais si Keith considère toujours les Rolling Stones comme un groupe... J'en doute...

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15 Re: Life, la bio du vieux Keith le Lun 8 Nov - 20:24

pilou


jamais content
Ce qui est clair, c'est que la gratte et la scène sont la seule drogue dont il ne pourra pas se passer.
A ce titre là au moins, il maintient l'héritage du groupe...

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16 Re: Life, la bio du vieux Keith le Mar 9 Nov - 13:31

Keith ce soir sur france inter dans l'émission pop-corner à 17H50

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17 Re: Life, la bio du vieux Keith le Mar 9 Nov - 20:57

pilou


jamais content
Tu peux pas écouter ! LUA enregistre son second opus ;-)

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18 Re: Life, la bio du vieux Keith le Mer 10 Nov - 11:58

Ayé c'est enregistré... L'album est en cours de mixage actuellement... Il nous reste juste une session début décembre pour finaliser quelques arrangements...

Sinon, j'ai écouté l'émission... L'interview n'a durée que 5 minutes et rien de vraiment nouveau n'a été dit...

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19 Re: Life, la bio du vieux Keith le Mer 10 Nov - 21:02

pilou


jamais content
Argh je veux le LUA pour Nouelle !!!

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20 Re: Life, la bio du vieux Keith le Jeu 11 Nov - 17:41

berny


Taulier de la Taulière, admin
Taulier de la Taulière, admin
pilou a écrit:Argh je veux le LUA pour Nouelle !!!
Mee too ! Déjà une date de commercialisation prévue ? Une tournée de promo ?


_________________
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21 Re: Life, la bio du vieux Keith le Jeu 11 Nov - 17:49

pilou


jamais content
LUA paye sa tournée ?
Tiens, c'est un bon titre de tournée, ça...Arf

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22 Re: Life, la bio du vieux Keith le Ven 12 Nov - 10:55

On espère le sortir au premier trimestre 2011... On prend notre temps...

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23 Re: Life, la bio du vieux Keith le Ven 12 Nov - 12:03

pilou


jamais content
Oui, ben le résultat, on le verra au combat hein ?

Démerdez vous, je le veux pour Noël !
Pas négociable !
Y'a pas de mais.....
Na !

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24 Re: Life, la bio du vieux Keith le Sam 13 Nov - 11:10

Je te propose un deal : si tu veux l'album sous le sapin de naouel, on t'envoie les bandes et tu fais le mix à ta sauce, ok ? Et pour la masterisation c'est cadeau !

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25 Re: Life, la bio du vieux Keith le Sam 13 Nov - 14:16

pilou


jamais content
No soucy, j'appelle mon pote de la téloche et il me prête un banc à Canal, ça roule...;-)

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26 Re: Life, la bio du vieux Keith Aujourd'hui à 13:25

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