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Marianne James à visage découvert.

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Modérateur de choc
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Marianne James à visage découvert.



Rue Montmartre, Marianne James nous a ouvert les portes de son appartement bien éclairé au style chaleureux. Plus encore, elle a ouvert son coeur, offrant à Sensitif une première interview, vivante, passionnée, difficile à oublier.


Avec « Le Caprice de Marianne », ton « one woman song », on peut dire que les masques tombent….enfin !
Oui, j’y raconte mon histoire d’aujourd’hui à mes onze ans, ma rencontre avec les Petrucciani, le pourquoi je suis guitariste. En province où je tourne avec « Le Caprice », la presse est dithyrambique, ils ne savent plus quels adjectifs employer ! Dans la salle, chaque soir, deux ou trois fois les spectateurs se lèvent, pas pour partir mais pour applaudir ! Je n’ai jamais eu cela même avec Ulrika. Vraiment les gens sont désarçonnés « comment peut-elle se mettre autant à nu » ? Tout est très travaillé, très sobre, à l’opposé de…(et là, Marianne se lance dans un crescendo grandioso ) ! « Mascara et Rouge à lèvres » que j’ai écrite, raconte justement comment j’ai pu me cacher derrière Ulrika. C’est un cri de désespoir, j’en avais marre d’entendre toujours parler d’Ulrika, j’étouffais à l’intérieur de ce personnage. Mais j’ai dû la quitter pour comprendre à quel point elle m’étouffait !

Le personnage a été si dur à porter ?
Et comment ! Pendant 11 ans j’ai encaissé les 20 kilos de costumes, la schizophrénie du public, les lettres en allemand, les troisièmes mi-temps dans tous les théâtres de France, genre soirée choucroute ! Pire, j’étais en concurrence avec quelque chose qui n’existait pas. On me disait « tu ris comme Ulrika », non, c’était Ulrika qui riait comme moi ! Il y a vraiment eu une « Ultimania ».

« Le Caprice », c’est un peu la cure de désintoxication ?
Oui, c’est revenir à soi. Il désarçonne au début par son côté léger. Je ne suis plus dans le « je te tutoie, je te rudoie, je te choppe, je te griffe ». J’ai quitté une grosse dévoreuse féroce tenant tout le monde dans la main et là, j’arrive avec un spectacle tout en finesse, c’est forcément déconcertant ! Après Ulrika, tout ce qu’on m’a proposé en film ou en music-hall, c’était quoi ? Des étrangères, très grosses, avec beaucoup de rimmel, des seins pointus… Alors je me disais « ils sont gentils mais je viens de la jouer onze ans ! »

Onze ans ?
Oui. 9 janvier 1991- 23 avril 2002 ! Deux jours après Jospin à l’île de Ré et deux jours après la tête de Chirac face à celle de Le Pen !

Même si c’est un grand soulagement, le vide qui s’en suit ne doit pas être simple à gérer. Pendant cette période creuse, tu ne déprimes pas ?
Je vais te dire : mon père est mort dix jours avant que j’arrête Ulrika. J’ai enterré mon papa six jours avant la dernière. En termes de chagrin, j’étais occupé ailleurs ! Lui parti - c’était un monsieur super -, le clan des femmes a resserré les rangs. J’ai quitté Paris pour vivre pendant un an dans le Sud, chez moi à Montélimar. J’étais au vert, au calme, loin des soirées... Je me suis retrouvée dans ma foi. J’ai maigri…j’ai désenflé de tout, de la tête, du corps, de l’ego, de mes colères, j’ai tout remis à zéro. Cela n’a pas été une descente, au contraire, je me suis retrouvée.

Pour reprendre ce que tu disais au début, on a toujours eu l’impression que tu te cachais, d’abord derrière Ulrika, ensuite derrière une « grande gueule »…Si l’on n’a pas entendu et vu « Le Caprice », l’on peut encore se demander où est la vraie Marianne ?
En face de toi ! Aujourd’hui, je ne suis pas en train de jouer un jeu, là, regarde… (elle se lève et me montre sa tenue décontractée et ses chaussettes), je suis moi ! C’est sur que quand une caméra ou un micro s’allume, en dehors de cette interview, je ne parle pas comme ça ! Tout d’un coup, si on est sur un plateau, je joue un rôle. (Marianne se lève et joue la présentatrice très autoritaire d’M6) ! Mais quand je ne dis rien, que, ni je pleure, ni je crie, ni je fais des blagues, tout le monde s’ennuie et on demande (y compris mon attaché de presse qui est un proche) ce qui se passe. Il semblerait que j’ai un cahier des charges. Il faut toujours que je sur-réagisse et que je me place dans la notion de spectacle. Sauf quand je pleure, là c’est authentique, je ne contrôle rien !

Le public lui aussi doit sur réagir ?
En effet, derrière je reçois du courrier. Cela commence souvent par les lettres d’insultes, elles sont gratinées. Ensuite viennent les lettres de félicitations !

Ce ne sont pas les mêmes qui ont changé d’avis ?
Non ! (Rires) Les insultes viennent à 80% de mecs et les compliments à 80% de femmes ! Les trucs orduriers, (« on va te faire fermer ta gueule salope ! »)… ceux qui remplissent toute la page, sans laisser un seul espace et finissent par « je ne vous salue pas ! », ou encore les sentences du type « les femmes ne parlent pas comme ça ! », voire des trucs bien pires encore que je te laisse imaginer. T’es dans la ligne de mire des gens qui ne vont pas bien. Ça me fait rire et puis je les jette ! Il y a aussi ceux qui critiquent et qui ont raison… là ça fait mal.

De l’autre côté, les fans !
15 jours après en général. Les garçons « je te kiffe grave, enfin une nana qui en a ! » et les filles « enfin ouf, on respire…on se reconnait en vous ! » C’est tellement marqué. De toute façon, le courrier est manichéen.

Le prime-time, par définition, te met très en avant. N’est-ce pas un problème dans ta vie de tous les jours ?
Ça l’est toujours un peu, surtout quand tu vis normalement comme moi : je fais mes courses à côté, je prends le métro… En général tu reçois des fleurs, mais de temps à autre, ce sont des trucs fous que l’on te déverse dessus comme la fois où, au restaurant, une personne est venue me raconter des trucs intimes et graves… ! Le prime, j’ai appris à vivre avec.

À côté, tu as maintenant ton émission sur Pink TV.
Oui, que j’ai coécrite avec deux potes, Christopher Robba et Stéphane Berthelot. Notre producteur c’est Nova, pas Endemol, on voit tout de suite la différence. C’est plus artisanal mais il y a plus d’esprit ! Le pognon tue la création, c’est bien connu ! Pascal Houzelot m’a fait une proposition que je ne pouvais refuser : « On vous veut telle que vous êtes. Vous la voulez votre émission ? Allez-y, vous êtes totalement libre ! » Pas besoin de faire attention au CSA, au 15-16 ans…tous ces grillages que l’on met autour de toi. Là c’est open ! Une heure d’antenne pour s’éclater. Pour inviter qui je veux, faire des gags infernaux, poser aux invités les questions qu’on ne leur poserait pas autrement.

Pour revenir à toi, quand je te vois aussi sensible, expressive, excessive aussi, j’ai le sentiment que tu dois être impossible à vivre !
(Silence)… Je me trouve très possible (Rires) ! Tu as raison, je suis casse-pieds ! Notamment, j’ai un souci : j’ai compris vers mes 17-18 ans que j’étais super jalouse. C’est un dard, une épine qui te rentre dans le plexus Les questions que l’on se pose, la peur de manquer… c’est terrible. J’ai travaillé à ne plus l’être.

Crois-tu vraiment que l’on puisse changer ?
Oui, il n’y a que les bourrins qui n’évoluent pas. On peut se détacher, se dire que l’être aimé n’est pas à toi. J’ai fait du chemin, je vis avec, mais de façon atténuée. En tous cas, quand j’ai une histoire avec un garçon, - heureusement j’ai toujours eu des histoires -, lorsque je sens que suis accrochée (que j’attends le coup de fil) j’ai un warning qui se met en route et j’entends : « Il ne t’appartient pas ! » Et si tu fais une rechute, tu cours chez ton fleuriste. Le mien est adorable. Il est juste à côté, il s’appelle Hervé Chatelin, ah, que ce garçon est doué et adorable ! Il a une boutique magnifique qui a très vite explosé…

… Grâce à tes crises de jalousies ?
(Rires)… je vais aussi chez lui par plaisir !

En tous cas, avoir conscience de ses défauts, c’est déjà important !
J’ai envie de te répéter une formule que j’aime beaucoup que m’a dite un jour mon beau-frère : « Que chacun ait l’honnêteté de ses vices ». L’honnêteté est payante et d’un autre côté, il faut prendre les gens comme ils sont. À charge pour chacun d’estomper ses plus gros défauts, de nettoyer son jardin, mais pas celui des autres. Si tu veux que ton buis soit échevelé, je n’irai pas le tailler pour toi !

Est-ce une figure érotique ?
Pas forcément ! Et puis même, les poils ne me dérangent pas du tout. Je trouve que les hommes en ce moment s’épilent trop. C’est too much ! Des poils sur la poitrine ou sur le dos, ce n’est pas complexant, c’est viril ! On ronfle, on pique, on est un homme quoi !

Justement, pour finir, parlons d’un homme. Tu as eu un coup de foudre artistique pour David André, quelqu’un qui a abandonné la télé pour écrire ses chansons.
Il écrit tout (texte et musique) et ses chansons sont des bijoux. Du coup, j’ai arrêté de faire l’auteur compositeur, quand je trouve mieux que moi, je n’hésite pas une seconde, je prends ! Il a 32 ans c’est un vrai alter ego. Quand je chante ses textes, je vois que tout le monde reste scotché, même les techniciens en coulisses qui souvent ne suivent que d’une oreille ce qui se passe sur scène. Au fait, connais-tu David André ?

Devant ma réponse négative, Marianne prend sa guitare et termine l’interview en me chantant deux textes de son compositeur fétiche…Bonheur !

Propos recueillis par Philippe Escalier

sensitif.fr

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