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Histoire de la bonne zique !

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101 Re: Histoire de la bonne zique ! le Mer 21 Jan - 21:25

pilou


jamais content
The White Stripes - Eléphant - 2003



From Wikipédia

Liste des titres
Seven Nation Army
Black Math
There's No Home For You Here
I Just Don't Know What To Do With Myself (Burt Bacharach, Hal David)
In The Cold, Cold Night
I Want To Be The Boy To Warm Your Mother's Heart
You've Got Her In Your Pocket
Ball And Biscuit
The Hardest Button To Button
Little Acorns
Hypnotize
The Air Near My Fingers
Girl, You Have No Faith In Medicine
It's True That We Love One Another (Holly Golightly)

The White Stripes est un duo de rock de Detroit (Michigan, États-Unis), formé en 1997 et composé de Jack White (John Anthony Gillis) au chant, à la guitare, au piano et à l'écriture et Meg White (Megan Martha White) à la batterie et au chant.

S'affichant comme frère et sœur (mais ils se disent aussi ex-époux, «White» est le nom de famille de Meg ), le guitariste-chanteur-pianiste Jack White et Meg White (batterie et chant), ont sorti un album éponyme en 1999 puis De Stijl en 2000. Leur son garage rock les a rendus très populaires en 2002, suite à l'album White Blood Cells et l'hymne "Fell in Love with a Girl". Jusqu'à cet album, ils gardent des inspirations blues et des thèmes originaux et amusants ("Hello Operator", "Apple Blossom"), le tout porté par la guitare de Jack mais surtout rythmé par la batterie de Meg qui imprime nettement le tempo.

Leur album suivant Elephant (2003) marque leur consécration populaire, l'album salué par le grand public et une partie de la critique, appréciant un heureux retour aux sources du rock (pour ceux qui n'avaient pas suivi le groupe à ses débuts), et leur capacité unique à faire de deux personnes un groupe. Le titre "Seven Nation Army" est emblématique de cet album où la guitare de Jack laisse moins de place à la batterie que sur les albums précédents. En février 2004, cette chanson a remporté un Grammy pour la meilleure chanson rock. L'album Elephant a lui remporté le prix du meilleur album alternatif.



From DESTINATION ROCK:
Elephant est le 4e album des White Stripes. Il représente la consécration commerciale (celle artistique étant depuis leur 3e album White Blood Cell) de ce groupe atypique de rock alternatif venu de Detroit et composé seulement de deux personnes : Jack, à la guitare et au chant, et Meg White, à la batterie.

Les White Stripes tirent leur force des nombreuses influences qu’ils incorporent à leur musique. Cet album ne fait pas exception à la règle et ne se limite pas à sa simple étiquette de « Rock Alternatif » (ce terme étant par ailleurs généraliste au possible, à l’instar de « Métal »). On trouve ainsi des influences Blues dans leur musique, en particulier dans la chant de Jack et ses solos de guitares hurlantes, comme sur « Ball and Biscuit ». D’autres chansons comme « Black Math » font plutôt penser à du punk-rock garage plein d’énergie. Les ballades sont aussi de toutes beauté, Folk à pleurer avec « You’ve Got Her In Your Pocket », Country sympathique sur « In The Cold, Cold Night » (chantée par la jolie Meg) et « Well It’s True That We Love One Another » ou rock avec l’excellente reprise de Burt Bacharach « I Just Don’t Know What To Do With Myself ». Enfin l’album contient évidemment le méga hit ultra diffusé sur les ondes, le fameux « Seven Nation Army » avec son entêtante ligne de basse qui est resté gravé dans plus d’une tête, mais aussi le moins connu mais typiquement White Stripien « The Hardest Button To Button » (et son clip qui donne mal à la tête). Toutes ces influences ne seraient rien si les White Stripes n’avaient un don indéniable pour la composition et une parfaite maîtrise instrumentale. En effet on se demande souvent en écoutant l’album comment ils parviennent à faire tout ce remue-ménage alors qu’ils ne sont que deux et qu’ils ne sont soutenus que par une production des plus simples : entièrement enregistré dans un studio analogique avec quelques traces de clavier sur certains morceaux (par exemple l’orgue fantomatique sur « In The Cold Cold Night »).
Il ne m’arrive pas souvent de mettre la note maximale à un album (encore moins s’il est récent, c’est mon petit côté vieillot), mais devant une telle démonstration de talent je ne peux que m’incliner et attendre le prochain album de ce groupe qui n’en finit pas d’étonner…

From ESPRITS CRITIQUES:
Un riff peut-il marquer l’histoire de la musique ? Peut-être pas, mais il faut dire que cette année 2003 restera pour cette ligne de basse entêtante (celle, bien sûr de Seven nation army). Oui, mais un riff peut-il porter un album ? Oui, ça il peut, et tirer vers le haut le reste des morceaux qui en sortent ragaillardis. La simplicité des moyens et leur efficacité nous ramène au punk. Celui de 1976, voire d’avant (on songe immédiatement au Stooges et MC5). Celui de l’urgence, de la rage, celui de la revendication. Celui d’avant le dévoiement de la pédolâtrie ambiante. Le temps de quelques titres bien sentis (Black math, Ball and biscuit) Les couleurs simples (du rouge, du noir, du blanc et c’est tout, c’est à dire de l’essentiel et de la violence) de ce duo jettent les bases d’un album-clé de cette décidément bizarre année (de revivals en confirmations).

La voix du chanteur laisse parfois la place à celle de la chanteuse. On découvre alors un timbre et des intonations datant de Nico. Apaisement. Pas ballade, pas slow crapuleux, juste respiration haletante avant de repartir bille en tête.

Il est impossible d’appréhender ce qui passe ici sans référence au passé mais il ne faudrait pas que ça cache l’essentiel : un album brut, mais comprenant des pauses de bon goût, comme pour confirmer que tous les états d’esprit nous habitent et que la musique peut être le reflet de chacun d’eux, le tout par des artistes aux talents variés mais à la personnalité bien établie. Il se peut aussi que ce soit juste un état de grâce, un instantané exprimant la diversité de ce qui se passe, mais alors, cela ne rendrait-il pas cet album plus indispensable encore ?



From Albumrock.net, une très bonne chronique:
Les White Stripes sont les rois du minimalisme. Déjà, qui oserait jouer avec seulement une guitare et une batterie sur scène ? Ensuite, l'enregistrement de l'album s'est fait en 10 jours après trois semaines de répètes (un record de longueur selon eux), et jamais sur plus de 8 pistes. Les ordinateurs, n'y pensons même pas : "No computers were used during the writing, recording, mixing or mastering of this record" annonce non sans humour le livret. Le succès de leurs trois albums précédents leur ont permis d'aller encore plus loin dans le minimalisme.
Regards vers le passé donc : malgré leur jeune âge (27 et 28 ans), leur son sonne terriblement vieux. Même sur un CD il sonne vieux, alors imaginez sur un vinyl ! C'est d'ailleurs sous cette forme que les journalistes ont reçu la galette... par plaisir ou pour limiter les piratages ? Sans doute les deux... Car il ne fait aucun doute que s'ils pouvaient vivre en vendant uniquement des vinyles, ils le feraient !
Côté musique, que trouve-t-on sur ce Elephant, quatrième album de la vraie / fausse fratrie ? La première chose, avant les notes, avant la voix, c'est le son, indéniablement, on entendrait presque les craquements sur le CD, un mélange de blues ("I Just Don't Know What To Do With Myself", "Girl, You Have No Faith In Medicine"), de garage rock, très efficace sur des titres comme "Seven Nation Army", "Black Math", et des petites ballades toutes mignonnes ("You've Got Her In Your Pocket", "In The Cold, Cold Night", où l'on peut entendre la voix de Meg). Et une petite dernière, "Well It's True That We Love One Another", clin d'oeil - à la limite de la country - aux rumeurs qui vont et qui viennent sur leur lien de parenté (frère et soeur ou mari et femme ?) : "I love Jack White like a little brother" / "You know that I'll love you 'til the end", etc.
Ils ne réinventent rien, si ce n'est le vieux, ils ne sont pas le futur du rock, à la rigueur le présent d'un passé. S'ils réinventent le son, c'est uniquement en nous rappelant ce qu'il a pu être et maintenant ça sonnerait presque comme du neuf. Plus personne n'enregistre comme eux, quelques irréductibles de l'analogique à la rigueur, et encore... sur des 8 pistes ??? Non, ne me faites pas croire ça. Les voilà donc, avec ce néo vieux son, en train de jouer dans un style décliné des milliers de fois par tous les musiciens de la planète... et ça marche, ça cartonne même ! Un son pouillave, une voix éraillée, même pas belle, une guitare qui sonne... bizarre. Mais leur musique a une âme, et ça nous change tellement de tout ce qui peut se faire actuellement (et n'allez pas me dire que The Strokes et The White Stripes c'est kif kif !). De moins en moins de groupes de rock'n'roll peuvent se vanter d'être vraiment rock'n'roll : ici ça balance, c'est expédié vite fait, c'est brut et intense, ce n'est pas beau, ça ne groove pas, c'est simple, mais c'est si bon à entendre ! On a l'impression de retourner aux racines du rock : dans l'esprit comme dans la musique. C'est ça les White Stripes.

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102 Re: Histoire de la bonne zique ! le Mer 21 Jan - 22:48

Fred


Femme à lunettes

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103 Re: Histoire de la bonne zique ! le Mer 21 Jan - 22:52

alphie712


Black Sabbath Talent Aiguille



JOY DIVISION "CLOSER" 1980

Album terrifiant de noirceur, morbide mais d'une beauté glaciale fascinante. Un disque souvent à la limite du soutenable. Je me souviens de la sensation de malaise quasi physique, d'étouffement, que m'a laissée sa première écoute. Et pourtant, je n'ai pu m'empêcher de l'écouter en boucle, bouleversé, fasciné, hypnotisé par ce désespoir total...
"Un chanteur comme un insecte en train de mourir" a écrit Manoeuvre...
Deuxième et dernier album du groupe, paru après le suicide de son chanteur épileptique Ian Curtis, ce disque fondateur de la cold wave, a eu et a encore une influence considérable sur le rock.
Plus qu'incontournable. Essentiel !
( On n'en oubliera pas pour autant leur premier album "Unknown Pleasure", autre chef d'oeuvre définitif)


Wikipedia

Joy Division est un groupe anglais de quatre membres, formé en 1976 à Manchester, inscrit dans la mouvance post-punk et initiateur de la cold wave. Le groupe défricheur de nouveaux territoires sera dissout en mai 1980 après le suicide de son chanteur à la voix caverneuse, Ian Curtis alors âgé de 23 ans.

Les trois membres restants du groupe ont formé New Order quelques mois plus tard. Des dizaines d'années après sa disparition, Joy Division reste une comète majeure du rock anglais par la puissance souterraine de sa musique, qui semble inaltérable, bien qu'aride.

Constitution du groupe

* Ian Curtis - voix, guitare
* Stephen Morris - batterie
* Peter Hook - guitare basse
* Bernard Sumner - guitare et synthétiseur.

Liste des titres


1. Atrocity Exhibition – 6:06
2. Isolation – 2:53
3. Passover – 4:46
4. Colony – 3:55
5. A Means to an End – 4:07
6. Heart and Soul – 5:51
7. Twenty Four Hours – 4:26
8. The Eternal – 6:07
9. Decades – 6:10
10. Love will tear us apart – 3:28 (paru initialement à part )

Destination Rock

1980 CLOSER … ÉCORCHÉ VIF...

Il est des albums d’une beauté désolée qui communiquent l’émotion au-delà de toute explication. Des disques qui, à force de bouleverser le tragique, humanise la souffrance de certains êtres, d’un cycle, jusqu’à en faire le cri de désespoir de toute une génération. Closer est de ceux-ci. Liant intimement le désespoir d’un homme à un lot d’évènements musicaux hors du commun. Crispée, tranchante ou arc-boutée sur les silences désincarnés d’une beauté surréaliste, la musique de Joy Division est avant tout, d’une humanité déconcertante. Déconcertante, car elle cristallise autant le malaise consommé de la fin d’une époque, que l’appel à l’aide d’un jeune homme à l’âme passionnée.

Cri mélodique ou dissonant, selon l’interprétation qu’on lui donne, Closer est un disque qui met à bas les idéaux du punk pour les entrainer sur les remparts escarpées d’une cold wave dans laquelle les machines palpitent d’une vie autre que celle pour laquelle elles ont été conçues. A la fois organique, poussant parfois l’hystérie à son comble, chaque pièce musicale construisant ce puzzle d’émotions est d’une telle vérité, qu’il en devient parfois gênant d’en être le spectateur. Poète tourmenté, Ian Curtis en est la voix, cette voix torturée qui, soudain, échappe à toute apesanteur, chavire de l’anxiété la plus troublante au calme le plus fiévreux.

Deux actes dans cet album, deux expériences soudées dans leurs différences, au travers desquelles se révèlent toutes sortes de tensions. Omniprésente, la basse aventureuse de Peter Hook sculpte, découpe les pans d’un romantisme déchirant dont on ne soupçonnait même pas l’existence. Tour à tour douche froide, urgence mélancolique, ce sont les pages du drame humain qui se tournent implacablement, jusqu’à entrainer un chanteur au précipice de la déraison. L’album est beau, d’une beauté fatale qui assume ses errements et tandis que l’affrontement débute sous les coups redoublés de l’extrême plainte d’Atrocity Exhibition, c’est sur un final au climat de marche funèbre prémonitoire qu’il nous abandonne à son triste sort.

Sel de la vie, sel de la mort, Closer est comme une fissure dans le temps. A la fois achevé et inabouti. En un mot, fondamental.

Music Story

La pochette à elle seule est une promesse. Image de tristesse et de deuil, la photographie de Bernard Pierre Wolf (un tombeau dans un cimetière génois) représente une veillée funèbre. En un noir et blanc subtil et tout en nuances d’ombres et de lumière, le photographe français offre la parfaite illustration de Closer, dans lequel règne une atmosphère sépulcrale, de deuil et de tristesse, parfois troublée par la lumière de l’espoir ou exhaussée en recueillement religieux.

Quand le groupe entre en studio en mars 1980, le chanteur de Joy Division, Ian Curtis, est depuis plusieurs mois en proie à de violentes et répétitives crises d’épilepsie, physiquement et moralement usantes. Ce second disque est donc profondément marqué par la personnalité de son chanteur. Curtis s’y livre corps et âme, marquant de son empreinte cet ultime album qui bien vite apparaîtra comme son legs artistique : deux mois à peine après l’enregistrement de Closer, le chanteur est retrouvé pendu à son domicile. Son entourage n’avait rien vu venir et l’on ne reconnaîtra que trop tard dans le disque tous les signes avant-coureurs de cet acte funeste – tout comme quatorze ans plus tard certains analyseront l’Unplugged de Nirvana rétrospectivement, à l’aune du suicide de Cobain…

Issu de la scène punk, Joy Division ne s’est jamais tout à fait défait de ses racines, conservant toujours tension et nervosité dans sa musique (cela est d’autant plus frappant encore sur les enregistrements de concerts). Mais dans ce second album, elles n’apparaissent qu’en convulsions, en éclats soudains de guitare grinçante, dans des compositions emmenées par une rythmique primaire et répétitive. Par la musique, le chant et les paroles, Closer dépeint le désespoir en ses formes changeantes ; il illustre l’enfoncement progressif vers l’apathie, le détachement et la solitude. Au fil des neuf chansons, le désespoir passe de la rage nerveuse à une neurasthénie funèbre. Closer est donc le cri d’un jeune homme qui n’a plus la force de crier, de rêver ni d’espérer ; c’est l’œuvre d’un homme qui étouffe dans sa condition d’être humain et dans son corps malade.

L’album s’ouvre avec le rythme tribal et inlassablement répétitif de « Atrocity Exhibition », sur lequel s’écrasent les stridences métalliques de la guitare. Le « spectacle de l’atrocité » des paroles de Curtis est celui de sa douleur livrée en pâture aux spectateurs. Le succès du groupe en concert était alors partiellement lié à une certaine fascination morbide pour les crises d’épilepsie de plus en plus fréquentes du chanteur – quand il ne les mimait pas lui-même avec des gestes frénétiques et raides –, qui mettaient un terme prématurément au concert. Ainsi, dans la première chanson du disque, le chanteur se dépeint en bête de foire (« (…) For entertainment they watch his body twist / Behind his eyes he says ‘I still exist’ ») et dresse un constat amer et désabusé sur la vanité de sa quête de reconnaissance artistique.

Ce qui amène très logiquement « Isolation », évocation de la solitude de ladite « bête ». Curtis y chante sa peur et son sentiment de distance à autrui (« In fear every day, every evening / (…) Surrendered to self-preservation / From others who care for themselves ») et de solitude, sa haine de lui-même (« I’m ashamed of the things I’ve been put through / I’m ashamed of the person I am »). Y règnent une froideur et une dynamique robotiques, et la voix apparaît comme dépouillée d’affect. Chef-d’oeuvre de pop synthétique, « Isolation » évoque une sorte d’hybride de Devo et Kraftwerk, et représente un des titres les plus marquants du courant dit « cold wave ».

Le glacial « Passover » évoque une crise d’épilepsie (« This is the cris I knew had to come / Destroying the balance I’d kept »), brèche où s’engouffrent doutes, peurs et angoisses. Une maladie qui est à la fois cause et amplificatrice de ce désespoir, manifestation physique de ce rapport douloureux au monde, de ce refus de quitter l’enfance (« Without the protection and infancy’s guard / It all falls apart at first touch »). La chanson a pour titre « Passover », c'est-à-dire la Pâque juive (Pessah), qui commémore la fuite des Hébreux hors d’Egypte, hors de la souffrance et de l’esclavage, vers la Terre promise. Difficile de ne pas y voir une métaphore de la fuite hors de la souffrance physique… vers le suicide ? Dans des paroles désenchantées, Curtis se livre désabusé : « I know that I’ll lose every time ». Morceau pesant et tragique au froid lyrisme décadent, « Passover » décrit la dérive du chanteur vers le désespoir et la neurasthénie.

Sur « Colony » et « A Means to An End », deux titres à la rythmique nerveuse et entêtante et aux riffs mélancoliques et grinçants, le chanteur semble se dépouiller de son passé et se livrer à la solitude. Certains vers ont clairement des airs d’adieu ; Curtis abjure par le chant toute énergie : sur les morceaux suivants, sa voix semble plus distante, de plus en plus dévitalisée. Dès « Heart & Soul », la voix de Curtis flotte, indolente et détachée, parmi des sonorités de guitare tout aussi évanescentes. Par contraste, la batterie est très répétitive, illustrant le détachement de l’esprit d’avec un corps comme réduit à sa mécanique. Et de chanter froidement son désemparement, son sentiment de perdre toute prise sur sa propre vie (« The past is now part of my future / The present is well out of hand ») et le funeste présage du suicide (« Heart and soul : one will burn »). Atmosphère froide et désolée pour chant dépouillé de toute passion…

Avec « 24 Hours », la musique alterne passages calmes et lents, et passages rythmés, toutes guitares dehors (on devine que Mogwai y a puisé quelques idées). Curtis y évoque la fatalité du désespoir (« A cloud hangs over me, marks every move »); mais comme reculant devant l’abysse qui s’ouvre à lui, il conclut : « Gotta find my destiny before it gets too late ». Néanmoins, les deux sublimes morceaux qui clorent le disque apparaissent comme un long requiem. Sur « The Eternal », l’ambiance froide se déploie en sonorités éthérées, avec une mélodie mélancolique au piano ; dans les paroles, Curtis n’est plus qu’un spectateur, ressassant ses souvenirs du monde en déshérence de son enfance. L’album s’achève avec « Decades », regard désenchanté sur une jeunesse privée d’espoir (« Weary inside, now our heart's lost forever »).

Disque émotionnellement intense, solidement construit et continu, Closer est une œuvre majeure du rock. Au seuil des années 80, Joy Division donnait le ton d’une décennie qui serait marquée par les musiques les plus sombres et ouvrait la voie à la cold wave et à la new wave qui allaient déferler – pour le meilleur et pour le pire. La qualité de production inouïe du génie Martin Hannett a élevé ce disque au rang d’œuvre d’art supérieure à la majorité des productions rock, fixant un instant où l’histoire personnelle d’un individu et l’histoire sociale se rencontraient. Hannett fixait d’ailleurs avec le son étouffant du groupe ce qui allait devenir un standard de production – mais ne serait jamais tout à fait égalé, sinon avec le Pornography de The Cure.

Album de la Nausée, Closer est travaillé par les peurs, par le désespoir, par une puissante nostalgie de l’innocence – par un sourd et dévorant vertige existentiel. Tout aussi captivant que son prédécesseur, Unknown Pleasures, Closer est cependant infiniment plus intime, profondément marqué par l’âme vermoulue et les douleurs physiques de son chanteur comme le suaire par le visage ensanglanté du Christ. Un disque majeur, dont l’exploration des gouffres et du désespoir en fait un parent – par les thèmes de paroles ou par la musique – de groupes majeurs aussi divers que The Cure, The Sisters of Mercy, Alice In Chains, Radiohead, Nirvana, Tool ou My Dying Bride.


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104 Re: Histoire de la bonne zique ! le Ven 23 Jan - 0:51

alphie712


Black Sabbath Talent Aiguille


THE CURE - PORNOGRAPHY 1982

Album tout aussi terrifiant que « Closer » mais dans un autre registre, moins physique, plus cérébral. Ici, c’est le cerveau camé et obsessionnel de Robert Smith qui entame une descente aux enfers dans le registre de la folie. Album culte vénéré par la nation gothique ( ce qui a le don d’énerver Smith qui renie cette étiquette), emblématique de la dark new wave.
Des débats passionnés font toujours rage pour savoir lequel est le meilleur des 3 disques de la trilogie dark de Cure ( Seventeen Seconds, Faith ou Pornography ). Pour moi, malgré quelques faiblesses, c’est indubitablement celui-ci…
Les deux derniers morceaux, « Cold » (que je considère comme le monument de la discographie des Cure ) et « Pornography » ( avec son chaos lugubre) sont de parfaites illustrations musicales de l’Enfer.
Avant écoute, faire des provisions de Prozac : bad trip garanti…


Liste des titres

Tous les titres sont écrits et composés par Simon Gallup, Robert Smith, Laurence Tolhurst.

1. One Hundred Years (6:43)
2. A Short Term Effect (4:24)
3. The Hanging Garden (4:36)
4. Siamese Twins (5:30)
5. The Figurehead (6:17)
6. A Strange Day (5:06)
7. Cold (4:28)
8. Pornography (6:29)

Composition


* Simon Gallup - basse, synthé
* Robert Smith - guitare, synthé, chant
* Laurence Tolhurst - batterie, synthé


NIGHTFALL


La pochette de ce 5ème opus parle d’elle même : 3 personnages flous à l’extrême sur un fond noir, des couleurs de braise et une sorte de malaise quand on regarde cette pochette au moins aussi mystérieuse qu’effrayante.
Cet album est un des aboutissements dans la carrière de The Cure, depuis « Seventeen Seconds » et on peut penser aussi que « Pornography » est la synthèse des deux albums précédents.
On ne peut pas pour autant dire que ce soit leur disque le plus noir (Faith remporte la palme), mais ce n'est pas non plus une partie de plaisir pour celui qui se triture les oreilles... Les titres sont lents, mystérieux et graves, et font allusion à des scènes de pourriture, de poussière, et de désolation ("Cold").
Sur cette base hyper gluante, le chant torturé de Robert Smith n'a jamais été aussi proche du désespoir. Ce qu’il prenait à l’époque devait lui procurer aussi pas mal d’hallucinations d’où la folie générée dans les textes d’un Smith meurtri et proche de la dépression. Il est évident que chez « The Cure », le désespoir le plus profond est de rigueur depuis l’album « Faith ».

L’état de l’album, et on le sent bien en l’écoutant, est vraiment obsessionnel. Le cerveau de Smith est trituré de toutes parts, et en voulant tout coordonner, il ne réussit qu’à s’enfoncer encore plus dans sa folie dévastatrice et totale. Mais il est vrai qu’au final, l’album est une pure merveille musicale. Tant au niveau des titres qu’au niveau de la production.
L’instrumentation générale de la galette se fait désormais plus rugueuse. La guitare de Smith est constamment en saturation et bourrée d’effets tout aussi spectaculaires les uns des autres. La basse de Gallup est égale à elle-même par rapport à « Faith » et est toujours aussi « flangerisée », mordante et agressive à souhait.
Les drums quant à eux sonnent comme un métronome. On se demande même si c’est Tolhurst qui joue tellement c’est carré et rigoureux. Implacable.

Pour conclure, je dirais que « Pornography » est un album d'une violence inouïe, un brûlot au climat inimitable. La fièvre et la douleur se sont emparés du corps et du cerveau de Robert Smith et ne le lâcheront que bien des années plus tard. « Pornography » laissera, à n’en pas douter, une trace vraiment indélébile dans la grande histoire du Rock.

METAL-IMMORTEL


Robert Smith n’est décidément pas un homme comme les autres. Après avoir tenté de toucher la grâce en trente-sept minutes avec ‘Faith’, il va devoir se résoudre à accepter que l’humanité n’est pas prête à entendre son message. C’est pourquoi il va enfanter d’un des disques les plus traumatisants jamais gravé... En disséquant soigneusement son être il va créer une littérale descente aux enfers de quarante-trois minutes.

On parle souvent de la "trilogie Cure", représentée par ‘Seventeen Seconds’ / ‘Faith’ / ‘Pornography’. Pourtant il s’agit plutôt d’un diptyque, car si le premier est un bon disque, il n’arrive décidément pas à la débauche orgiaque antipodique et contradictoire des suivants. Replaçons-nous dans le contexte: Smith, Gallup et Tolhurst viennent de rencontrer un échec cuisant lors de leur dernier album. En tentant de toucher le ciel, Icare n’a fait que se brûler les ailes, et Smith le sait. Il n’a plus rien à perdre, mais a pourtant encore beaucoup à prouver. S’il a réussi à atteindre le ciel, il doit pouvoir toucher le centre de la terre. Tout du moins, il va essayer, car il a dorénavant un seul désir: enregistrer le pire disque de toute l’histoire du Rock.

Et il va y arriver. Tout d’abord en refondant totalement l’utilisation des instruments. Plus aucune sonorité éthérée, plus d’hymne planant, tout ici devient sourd, comme joué à travers du béton. Plus rien n’est clair, tout se brouille, les guitares sont soigneusement sous-exploitées, ne venant que par moment briser la mélodie à coup de riffs barbelés, laissant la part belle à une basse lourde aussi magnifiquement que malsainement jouée par un Gallup possédé, qui nous prostre encore un peu plus dans le chaos. La batterie a oubliée ses cymbales, Tolhurst sort ici totalement du registre pop-rock pour nous servir un cocktail tribal d’enchaînements binaires qui s’allie à merveille pour créer une section rythmique qui fera les 90% du disque. Inutile de préciser que sans jeter un œil sur les textes, on perd toute l’essence destructrice des morceaux ici-présents. Si Smith n’a pas la plume d’un poète, il arrive à merveille à retranscrire les pulsions qui l’habitent.

La débâcle commence sur un violent ‘’One Hundred Years‘’. La première phrase du disque, parvenue en écho, nous montre que dorénavant le groupe n’a plus envie de rire: It doesn’t matter if we all die. On sent dès le départ la cassure brutale avec ‘Faith’, que Smith répand dans les paroles de ce morceau, parlant d’un prayer maintenant désabusé. Le temps n’est plus à la foi et à l’espérance, car après tout, we die one after the other. Suit ‘’A Short Term Effect’’, constat désespérant sur les paradis artificiels, où les percussions font merveilles, puis ‘’The Hanging Garden’’, probablement le titre le plus faible de l’album, ce qui explique sûrement pourquoi il s’agit du simple qui en a été tiré. Néanmoins ce titre a son importance dans l’album car il nous permet de sortir la tête de l’eau en attendant la deuxième partie du disque, plus effrayante que la première mais bien moins terrorisante que la troisième.

La seconde partie débute par un ‘’Siamese Twins’’ très lent, où les gémissements du Smith nous transportent au gré de son spleen. Rien ne pourrait l’aider à s’en sortir, pas même le meurtre, pas plus que nous en entendant ce morceau, taillé sur-mesure pour les soirées à chialer dans sa bière: "Is it always like this?" disait-t-il… Vient alors ‘’The Figurehead’’, morceau désarçonnant où la basse fait des prouesses de minimalisme sensoriel. Tandis que la guitare tente de rejeter une évidence perdue, la basse s’applique à nous plomber les tripes, à nous salir jusqu’à la moëlle, "I will never be clean again". La partie se clôt avec ‘’A Strange Day’’, seul morceau légèrement sifflable de l’album, où on croit pouvoir sentir une tentative de rédemption par la petite mort, tout cela étant bien évidemment très naïf, car le cauchemar commence à peine.

La troisième et dernière partie n’est constituée que de deux morceaux, mais quels morceaux… Ils ont beau se débattre, on ne peut plus rien pour eux. Débutant par un son de batterie cafardeux, le monde s’écroule sous les orgues et la terre s’ouvre sous nos pieds dès les premières mesure du mortifère ‘’Cold’’. Il n’y a décidément plus rien à faire, laissons Smith hurler à un mur, le groupe est dorénavant résigner, quitte à se déchaîner sur des constantes qu’il aimerait variables. Le temps n’est plus à la foi. "Everything as cold as life! Can no-one save you?" Pas le temps de laisser passer un léger son de synthétiseur qui griffe dans les aiguës que déjà on passe à ‘’Pornography’’, ils ont compris que le temps leur était compté, ils sont maintenant descendus aussi bas que Dante, et ils explorent la dernière strate, celle de la folie. "One more day like today and I kill you!", ils aimeraient s’en sortir, trouver un remède contre la folie, une dernière tentative qui restera avortée, car it’s too late. I must fight this sickness!, tentent-t’ils de se persuader… "Find a cure, I must fight this sickness!" mais ce n’est plus la peine. Après le déluge, rien que le silence. Et on finit par être heureux d’entendre enfin le silence. Après avoir été confronté à la folie et déchiqueté durant quarante-trois minutes, il n’y a guère plus que le silence comme remède…

GUTSOFDARKNESS

‘It doesn’t matter if we all die’, les interrogations mystiques de ‘Faith’ n’ont pas trouvé de réponses et cette première phrase de ‘ One hundred years’ qui ouvre l’album semble résonner comme un tocsin. Comme l’indiquent les teintes sombres et rougeoyantes de la pochette, les Cure ont plongé en enfer. Exit les brumes, les doutes, la mélancolie, ne restent que noirceur et désespoir. Les rythmes sont plus rapides, axés sur les roulements, ce qui leur donne une légère coloration tribale ; les guitares ont un son plus déchirant, la basse est de plomb et les claviers froids empêchent tout espoir de sortie. Le groupe a porté la cold wave aussi loin qu’il l’a pu, la repoussant dans ses ultimes retranchements. Chaque morceau est un pas de plus dans cette descente vers les abysses jusqu’au funèbre ‘Cold’ (de mon point de vue, la meilleure chanson jamais écrite par les Cure) dont les claviers lourds résonnent comme une marche tragiques. ‘Pornography’ qui clôt cette descente aux enfers est plus expérimental et étouffant avec des voix déformées sur lesquelles se greffent des roulements de batterie, des claviers lourds, des grincements de guitares malsains pour aboutir à cette dernière phrase, cet ultime appel de survie : ‘I must find this sickness, find a cure’. Ce disque est tout simplement le chef d’œuvre absolu des Cure et l’un des dix meilleurs albums de musique sombre jamais composés. Engendré dans la douleur, il coûtera très cher au groupe qui finira au bord du split et mettra du temps à s’en remettre ; on ne ressort pas intact de l’écoute d’un tel disque. Indispensable !


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105 Re: Histoire de la bonne zique ! le Ven 23 Jan - 1:09

alphie712


Black Sabbath Talent Aiguille
Cold

scarred
your back was turned
curled like an embryo
take another face
you will be kissed again
i was cold as i mouthed the words
and crawled across the mirror
i wait
await the next breath
your name
like ice into my heart
a shallow grave
a monument to the ruined age
ice in my eyes
and eyes like ice don't move
screaming at the moon
another past time
your name
like ice into my heart
everything as cold as life
can no-one save you?
everything
as cold as silence
and you will never say a word
your name
like ice into my heart


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106 Re: Histoire de la bonne zique ! le Ven 23 Jan - 20:55

pilou


jamais content
PATTI SMITH - Horses - 1975



Note perso: Patti Smith, voila du rock au féminin. Prêtresse/poetesse punk, a-t-on souvent lu à son sujet. Peut être.... en tous cas elle a contribué à largement changer l'image de la femme dans le rock, juste après Janis Joplin.
Patti c'est d'abord une voix tantôt rauque, tantôt métallico-nasillarde, reconnaissable entre mille. Et un rock bien énervé, au moins les premières années (note Wiki: le 23 janvier 1977, Smith tombe accidentellement de scène durant un concert à Tampa, en Floride, se brisant plusieurs vertèbres sur le sol en béton de la fosse d'orchestre. Elle doit alors prendre une longue période de convalescence, qu'elle met à profit pour réorganiser son existence, produisant une musique que certains jugent assagie..)
Horses est son premier album, considéré comme sa réference.
Gloria en est le titre mythique. Perso j'adore aussi un autre titre, qui figure sur un autre album: "Rock n'roll Nigger". Du vrai rock, bien loin de son tube "Frederick" ou même "Because the night", ses deux songs les plus connues.
Faut avoir écouté Patti Smith, au moins une fois, ne serait ce que pour ce qu'elle représente dans le rock new yorkais, et comme femme rockeuse tendance punk.
Quant à la pochette, c'est sans doute une des cent plus belles photos de rock jamais réalisées.
En fait, pour moi, Patti Smith est une sorte de Birkin énervée: intello, touche à tout, terriblement rock sous des airs d'égarée


From WIKI
Patti Smith, née Patricia Lee Smith le 30 décembre 1946 à Chicago, dans Illinois, aux États-Unis, est une musicienne et chanteuse de rock, poète, peintre et photographe américaine. Mariant la poésie Beat avec le garage rock des années 1960 et 1970, elle a été considérée comme la « marraine » du mouvement punk de la fin des années 1970.

Dès le début des années 1970, Patti Smith s'est lancée elle-même dans la musique Rock, d'abord aux côtés du guitariste et journaliste Lenny Kaye, qui l'accompagna à la guitare lors d'un lecture à l’église St Mark de New York et avec qui elle forme un couple. Ils sont rejoints en 1974 par Ivan Kral (réfugié tchécoslovaque après le Printemps de Prague) à la basse, Jay Dee Daugherty à la batterie et Richard Sohl au piano, créant le Patti Smith Group. Avec l'aide financière de Robert Mapplethorpe, le groupe enregistre son premier simple, "Hey Joe / Piss Factory", en 1974. Sur la première face, le célèbre standard repris également par Jimi Hendrix est complété par une partie parlée écrite par Patti Smith.
Engagé sur le label Arista Records, le Patti Smith Group sort en 1975 son premier album, "Horses", produit par John Cale, le violoniste du Velvet Underground. L'album commence par une reprise du "Gloria" des Them, accompagné d'une partie parlée qui clame que "Jésus est mort pour les péchés de quelqu'un ... mais pas les miens" ("Jesus died for somebody's sins but not mine.").



From Destination rock
Patti Smith fait partie de ces artistes dont la légende précède l'écoute. Lestre Bangs disait d'elle qu'elle était «Une chieuse qui réussit le prodige d'être simultanément une idole des femmes et un objet de désir des hommes [et des femmes, sans doute].» Souvent considérée comme une intellectuelle dans le monde de l'underground new yorkais, égérie du pré-punk, elle est avant tout une des grandes figures du rock. C'est en 1975 qu'elle forme le Patti Smith Group avec deux de ses acolytes, le guitariste Lanny Kaye et le pianniste Richard Sohl, bientôt rejoints par le bassiste Ivan Kral et le batteur Jay Dee Daugherty.

Un premier single Hey Joe/Piss Factory sort, suivi de peu par l'album Horses. Coproduit par John Cale (ex-V.U), le disque est un événement, à la charnière du rock des années 60 et du punk en gestation. Outre une version époumonée de "Gloria", des Them, elle y déroule ses vers fluides, choquants et sensuels avec une intensité émotionnelle rarissime, peut être trop pour pouvoir s'imposer dans les hits parades américains (même si elle reçoit en France le prix de l'Académie Charles-Cros). Patti Smith devient cependant une des figures de proue du féminisme dans le rock, opposant sa poésie féminine au machisme rock.

Le chant de Patti nous retient. On appreciera le crescendo de "Free Money", "Land" puise ses racines dans le rock: Les Stones ne sont pas loin, où elle pose sa voix rauque, cassée souvent et douce, voire androgyne parfois qui nous transporte dans cet univers tressé de vers poétiques. La pochette, signée par le photographe Robert Mapplethorpe, est un bijou et l'ensemble un grand moment du rock.



Qui nous met Gloria en Youtube ? ;-)

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107 Re: Histoire de la bonne zique ! le Ven 23 Jan - 22:38

alphie712


Black Sabbath Talent Aiguille
Figure très attachante du rock , marquée de la culture underground new-yorkaise, elle est même devenue presque sympa (un comble car longtemps elle a été une sorte de Lou Reed féminin ;-) )
Sans elle, pas de PJ Harvey, pas de Suzanne Vega, pas de Keren Ann etc...


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108 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 9:40

pilou


jamais content
DEEP PURPLE - In Rock - 1970



Note perso: "24 carat"...c'est le nom de la compil de Deep Purple qui fut mon tout premier disque. Je n'avais même pas de quoi l'écouter, mais c'était mon trésor. Un disque à moi ! Je l'amenais chez les potes pour l'écouter. Fallait que je vous parle de ce groupe, hein ?
Deep Purple serait LE groupe fondateur du hard rock (avec un ou deux autres que je vous laisse deviner). Je trouve ça un peu réducteur, car si en effet c'est du rock parfois très énervé, c'est infiniment plus mélodieux et travaillé que la plupart des groupes dits de "hard", juste bourrins à mon goût. Avec les "pourpres profonds", on a droit à 5 virtuoses et 2 leaders, rien que ça. Ian Gillan au chant, c'est pas rien, et ça a dû quand même inquiéter un poil un Robert Plant en son temps...
D'ailleurs pour moi, autant il y a des Rolling Stones après Brian Jones, un Floyd après Barett et un AC/DC après Bon Scott, autant Deep Purple, c'est CETTE formation là. Elle n'a pas duré très longtemps, mais a livré quelques excellentes contributions au panthéon du rock: "In rock" bien sûr, mais aussi "Machine head" (avec le fameux "smoke on the water") et un live toujours retenu comme un des plus grands live de tous els temps: "made in Japan". Tout ça entre 1970 et 72.
In rock, c'est leur album par excellence, avec une pochette célébrissime et super bien vue: voila en effet un monument du rock, où les musiciens n'hésitent pas à prendre la place de présidents américains, sur la sculpture en plein air la plus célèbre du monde, comme pour prévenir "attention, monument !"
Et In rock "inside la galette", c'est le fabuleux Child in time, une pure ouferie, long morceau propice à toutes les improvisations, sorte de Stairway to Heaven de Deep purple, et qui a souvent lui aussi dépassé les 20 minutes sur scène.



From WIKI

In Rock est un album du groupe de hard rock britannique Deep Purple sorti en 1970.
Cet album, premier enregistré par la formation la plus connue du groupe (avec Ian Gillan au chant, Richie Blackmore à la guitare, Jon Lord aux claviers, Ian Paice à la batterie et Roger Glover à la basse), pose les bases d'un nouveau genre musical que les critiques de l'époque appelleront hard rock ou heavy metal. Il contient plusieurs classiques du groupe, notamment Speed King et Child in Time. C'est leur premier succès en Europe : il se classe en quatrième position des charts britanniques.
La pochette représente les visages des membres du groupe sculptés sur le mont Rushmore.



From Destination Rock
Après une série d'albums assez rock (voire pop), Blackmore, bien décidé à faire son trou dans les tops anglais, vire de Deep Purple Rob Evans (chant) et Nick Simper (basse) pour acceuillir Ian Gillan et son ami Roger Glover aux postes respectifs de vocaliste et de bassiste. En faisant cela, le guitariste visionnaire créera le Deep Purple mark II, formation qui en quatre albums studios et un live marquera définitivement la musique moderne (cette ère s'achevera par le renvoi de Gillan et Glover, ouvrant ainsi la periode mark III pour Deep Purple).

Abbandonnant donc son rock original, que Blackmore trouvait trop minimaliste pour ses expérimentations, Deep Purple part rejoindre Led Zeppelin (qui venait d'inventer le hard rock deux ans plus tôt) dans sa croisade pour un rock plus puissant, plus violent et plus compliqué techniquement. Si Led Zeppelin pratiquait un hard largement teinté de blues et de folk, Deep Purple, lui, jouait une musique progressive et enrichie de touches néo classiques grâce à l'utilisation de claviers et avec le jeu de guitare de Blackmore inspiré de la musique classique.

L'album débute sur la chanson "Speed king" qui comme son nom l'indique est la plus rentre dedans car la plus rapide ; le lezard Deep Purple a changé de peau, la guitare est plus aggressive, les claviers plus présents tandis que la section rythmique est puissante comme jamais ; quant à Gillan, il nous prouve juste qu'il est l'un des plus grands chanteurs de la musique contemporaine, capable de chanter mélodiquement comme de monter soudainement dans les aigus dans un cri de douleur à vous percer le coeur. "Child in time" est la représentation même de ce nouveau style : le début est calme, Gillan nous caresse les oreilles avec son chant paisible et magnifique tandis que Blackmore effleure sa guitare et que Lord fais une esquisse de la mélodie au clavier ; et soudain, c'est la montée en puissance, la guitare devient à chaque partie du refrain plus aggressive, Gillan monte à chaque fois un peu plus dans les aigus, à chaque fois que l'on pense avoir atteint une limite, il la repousse et à l'apothéose, c'est l'explosion... Blackmore délire sur sa guitare, nous rappelant qu'il est l'un des plus grand guitaristes de tous les temps, puis la tension retombe soudainement avant une nouvelle montée puis, c'est l'apocalypse : Paice exulte, martellant sa batterie de facon chaotique, Gillan pousse des petits cris de peur, la chanson s'achève dans une explosion soufflant nos oreilles...

Fidèle à ses convictions progressives, le pourpre profond s'amuse durant tout l'album à changer les tempos, créant ainsi une tension auditeur/musicien impressionnante, "Blood sucker" et son solo incroyable, "Into the fire" aussi apocalyptique que "Child in time"... Chaque chanson de cet album est une pure tuerie. Deep Purple invente le hard épique et néoclassique, genre qui en inspirera plus d'un par la suite. A posséder au moins pour "Child in time", sûrement l'une des plus belles chansons du métal.

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109 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 10:03

pilou


jamais content
Deep Purple - 1971 - Petites anecdotes
From Crosstown Traffic

Deep Purple début 1971, c'est quoi ? Cinq prodiges, à peu près aussi soudés qu'un parti un mois avant les présidentielles, encore sonnés par le phénoménal succès de leur In Rock, qui partent s'enfermer dans un manoir du Devonshire pour enregistrer ce qui allait devenir Fireball… Ian Gillan qui découvre les joies de l'alcoolisme et Ritchie Blackmore en sataniste à deux balles qui joue de la hache, c'est parti…
Si le désastre artistique fut évité - Fireball reste un album de haute tenue -, l'irrépressible descente aux enfers du groupe, et en particulier de son chanteur et de son guitariste, fut consommée dès les premiers jours passés au Welcombe Manor. Il faut dire qu'In Rock avait complètement changé la donne au sein du groupe : Blackmore, instigateur des sonorités hard-rock du groupe, avait vu sa direction artistique enfin couronnée par le succès critique et public de cet album et, du coup, s'improvisa leader du groupe, rôle dévolu jusqu'alors à Jon Lord, coqueluche des journalistes. Gillan, quant à lui, en prit naturellement ombrage et versa en représailles dans un alcoolisme insidieux mais prononcé, à tel point que toutes les photos du chanteur en studio à cette époque le montrent invariablement une canette de bière à la main...

On date aussi de cette époque le pétage de plombs définitif de Blackmore dont l'humour très personnel fut enfin révélé au reste du groupe qui n’en demandait pas tant. Quant il ne cachait pas un ampli Marshall dans le placard d’un roadie pour essayer, terré dans une autre pièce, des sonorités de wah-wah en plein milieu de la nuit, notre corbeau psychopathe s’adonnait au spiritisme.
Le bassiste Roger Glover se souvient : « Je ne suis pas violent de nature. Mais quand vous êtes au pieu en train de lire à trois heures du mat’ et qu’une hache défonce votre porte, passe à travers plusieurs fois et en fait du petit bois… J’ai coursé Blackmore dans le couloir et quand je l’ai trouvé, je me suis retenu à temps de lui éclater la tête à coup de barre ». Blackmore, à l’issue d’une séance de spiritisme, s’était en effet mis en tête de se venger de son collègue bassiste, particulièrement cruel il est vrai : celui-ci avait refusé de lui prêter un crucifix pour sa séance du soir...

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110 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 14:00

pilou


jamais content
Arf j'ai trouvé comment on fait ;-)
Allez régalez vous avec ce "Child in time" en public, à l'époque de la sortie d'In Rock !

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111 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 15:27

pilou


jamais content
Du coup, je vous ai semé quelques vidéos sur les pages précédentes. régalez vous, y'a que du lourd !

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112 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 15:44

kermit__


King of the Nenuphar

Link: Deep Purple - Smoke on the water (live)



Deep Purple ça me fait toujours penser à ce titre !
Deep Purple - Smoke on the water (ici en live)

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113 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 16:49

pilou


jamais content
Yep, titre inspiré par un épisode célèbre:
à la fin de l’année 1971, le groupe séjourne sur les rives du lac Léman, dans les locaux du casino de Montreux pour enregistrer leur album machine Head. Ils ont amené avec eux le studio mobile des Rolling Stones. La chanson-phare de l'album, Smoke on the Water, s'inspire d'un incendie survenu lors d'une représentation de Frank Zappa au casino. Le feu ayant ravagé le casino, les membres de Deep Purple ne peuvent plus enregistrer dans cet endroit, qui correspondait à leur envie de jouer dans un lieu qui reproduise un son « live ». Ils décident alors d'investir le grand hôtel où ils logent : les longs couloirs vides, calfeutrés avec des couvertures et des matelas, font office de studio...

NB: Désolé Kermit, mais une fois de plus, je n'ai pas accès à ta vidéo, qui n'apparait pas chez moi sous forme d'image à cliquer.

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114 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 18:57

alphie712


Black Sabbath Talent Aiguille
pilou a écrit:


NB: Désolé Kermit, mais une fois de plus, je n'ai pas accès à ta vidéo, qui n'apparait pas chez moi sous forme d'image à cliquer.

Moi non plus mais j'ai trouvé une solution : il suffit de cliquer le bouton citer d'un post au-dessus de celui de kermit et de faire défiler les posts en bas et tu as la vidéo ! Question

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115 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 19:04

pilou


jamais content
BOB MARLEY - Legend - 1984



Note perso: Bob Marley est vraiment un personnage à part dans le monde musical: il représente presque à lui seul le reggae, qui compte pourtant une foultitude d'artistes, dans un genre qui en a influencé des milliers d'autres. Il est aussi sans aucun doute le jamaïcain le plus célèbre de tous les temps.
Il a été un Dieu de son vivant, il le reste une fois mort.
Artiste engagé avec des textes tant mystiques que contestataires, sa musique est pourtant on ne peut plus cool et plutôt joyeuse.
Son oeuvre est immense: 14 albums avec les Wailers ou en solo, sans compter les live, et autre album posthume.

Il était difficile de choisir, entre "Rastaman Vibration", "Exodus", "Catch a fire", "Uprising", ou encore le double live "Babylon by bus", lequel a l'avantage de proposer les plus grands titres en public.
Alors je n'ai pas choisi, et comme le Mag Rolling Stone, je vous propose "Legend", une compil d'incontournables du répertoire du pape du reggae.


From Wiki:
Legend est une compilation de Bob Marley & the Wailers sorti en 1984. Elle regroupe 10 des 11 singles de Bob Marley ayant atteint le top 40 au Royaume-Uni (le onzième étant Punky Reggae Party), ainsi que trois morceaux extraits des deux albums publiés par les anciens Wailers (avec Peter Tosh et Bunny Wailer) chez Island, et enfin Redemption Song, plébiscité par les fans.

Aujourd'hui encore, Legend reste le disque de reggae qui a eu le plus de succès, avec 12 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Il fut pourtant critiqué pour son manque de représentativité de la carrière de Bob Marley. En effet, il ne prend pas en compte les albums Natty Dread, Rastaman Vibration, Babylon By Bus et Survival.

Titres
Face A
Is This Love (extrait de Kaya)
No Woman No Cry (extrait de Live!)
Could You Be Loved (extrait d'Uprising)
Three Little Birds (extrait d'Exodus)
Buffalo Soldier (extrait de Confrontation)
Get Up Stand Up (extrait de Burnin')
Stir It Up (extrait de Catch A Fire)

Face B
One Love/People Get Ready (extrait d'Exodus)
I Shot The Sheriff (extrait de Burnin')
Waiting In Vain (extrait d'Exodus)
Redemption Song (extrait d'Uprising)
Satisfy My Soul (extrait de Kaya)
Exodus (extrait d'Exodus)
Jamming (extrait d'Exodus)



Evidemment, pas grand chose à raconter sur les conditions d'enregistrement, puisqu'il s'agit d'un best of.
Alors revisitons plutôt qui était Bob Marley, star universelle s'il en est.

From Wiki:
Nesta Robert Marley, dit Bob Marley est un auteur-compositeur-interprète jamaïcain de reggae, né à Nine Miles, paroisse de Saint Ann (Jamaïque) le 6 février 1945 et décédé d'un cancer à Miami (Floride, États-Unis) le 11 mai 1981.

Période ska
À l'adolescence, Bob Marley quitte la misère de la campagne pour celle du ghetto de Trenchtown à Kingston. Il y rencontre Neville Livingston dit Bunny Wailer et Winston Hubert McIntosh dit Peter Tosh, avec qui il chante des cantiques et des succès de soul américaine qu'ils entendent sur les radios de Miami. Le chanteur Joe Higgs leur donne des cours de chant. Bob Marley enregistre pour le producteur Leslie Kong ses deux premiers titres Judge Not et une reprise d'un succès de country & western de Claude Gray, One Cup of Coffee en 1962 alors qu'il est âgé de 17 ans. Ces titres ska n'ont aucun succès mais Bob continue à s'investir dans la musique.

En 1963, il forme avec Junior Braithwaite, Peter Tosh et Bunny Wailer le groupe The Wailing Wailers (les gémisseurs gémissants). Ils obtiennent un contrat avec Studio One et leurs premiers morceaux de ska, gospel, rhythm and blues et soul sont produits par le grand producteur local Clement "Sir Coxsone" Dodd, qui a pour assistant en studio Lee "Scratch" Perry (Scratch assure aussi la promotion). Bob quitte son métier de soudeur. Après l'album "The Wailin' Wailers", le trio se sépare de Coxsone, qui ne leur a pas versé grand chose en contrepartie des dizaines de titres qu'ils ont enregistrés pour lui (dont plusieurs succès, comme Simmer Down et Put it On).

Période Rocksteady
Après son mariage avec Rita Anderson début 1966, Bob Marley part rejoindre sa mère, remariée avec un Jamaïcain nommé Booker à Wilmington, Delaware, aux É.-U.. Bob travaille à l'hôtel Dupont, mais continue à écrire des chansons. Il est provisoirement remplacé par Constantine "Dream" Walker. À son retour après l'été 1966, il s'intéresse de plus en plus au mouvement rastafari, qui a émergé dans les années 30 en Jamaïque, et fonde avec Peter Tosh et Bunny Livingston le label indépendant Wail'n Soul'm. Leur premier titre autoproduit dans le nouveau style rocksteady s'intitule Bend Down Low.

À Kingston, c'est Mortimer Planno, un rasta jamaïcain d'origine cubaine qui a voyagé en Éthiopie et rencontré Haïlé Sélassié Ier au début des années 1960 qui lui transmet une partie de sa culture rasta. Sans le soutien d'un distributeur professionnel, ses disques se vendent très mal, et Marley est trop pauvre pour vivre en ville avec sa femme Rita et ses deux enfants Cedella et Ziggy. Il retourne dans son village natal en 1967 pour un ressourcement spirituel, mais continue à enregistrer et à publier nombre de 45 tours obscurs pour sa petite marque Wail'n Soul'm, comme les futurs classiques Hypocrites et Nice Time qui sortent sous le nom de Bob Marley & the Wailers.

Rita, Bob Marley et Peter Tosh rencontrent en janvier 1968 le chanteur américain Johnny Nash, qui est décidé à lancer le style rocksteady aux États-Unis, et son manager Danny Sims, avec qui ils signent un contrat international exclusif pour les disques et éditions JAD. Bob leur fournit quantité de compositions inédites, dont Stir It Up, qui deviendra bientôt un succès pour Nash. Johnny Nash a beaucoup de succès avec le rocksteady (tube américain "Hold Me Tight" en 1968), mais l'album de Bob Marley & the Wailers qu'il a financé ne sort pas (il ne sera finalement publié qu'en 1997 chez JAD). Seule une nouvelle version de Bend Down Low avec des cuivres américains ajoutés à New York sort en France et au Canada (JAD-CBS) en 1968, mais sans aucun succès. Bob Marley écrit parallèlement son premier morceau rasta, Selassie Is the Chapel en 1968. Cet enregistrement important, dans le style nyabinghi (tambours rastas), est financé par Mortimer Planno, qui en interprète la face B, A Little Prayer. Quelques producteurs locaux se succèdent, mais le trio vocal n'a plus aucun succès depuis son départ du giron de Coxsone Dodd.

Le Reggae
Sans ressources, Bob repart aux États-Unis rejoindre sa mère en 1969. Il travaille plusieurs mois de nuit dans une usine automobile Chrysler. Sa femme et ses jeunes enfants les rejoignent. À son retour, il fonde les disques Tuff Gong, du nom de son surnom du ghetto (dérivé du surnom de Leonard Howell, le "Gong" fondateur du mouvement rastafari), et enregistre une reprise de James Brown (Say It Loud) I'm Black and I'm Proud rebaptisée Black Progress dans le nouveau style reggae avec de jeunes musiciens brillants, les frères Carlton (à la batterie) et Aston "Family Man" Barrett (à la basse) qui ne le quitteront plus. Mais les disques indépendants Tuff Gong n'ont toujours aucun succès. Marley va voir son vieil ami Lee "Scratch" Perry qui fin 1969 est allé chanter en Angleterre accompagné par les frères Barrett sous le nom des Upsetters. Perry a obtenu un succès anglais avec l'instrumental The Return of Django et accepte de produire le trio vocal Bob Marley & the Wailers. Ils collaboreront jusqu'en 1978. Perry donne une nouvelle couleur au groupe, qui enregistre plusieurs chefs-d'œuvre avec lui, dont Duppy Conqueror, Sun Is Shining, Soul Rebel, Kaya et le (I've Gotta) Keep on Moving de Curtis Mayfield. Il réunira certains de ces 45 tours sur l'album "Soul Rebels" sorti en Angleterre en 1973 chez Trojan.

Toujours sans succès, Bob Marley & the Wailers gravent une dizaine de chansons avec l'équipe de musiciens de Leslie Kong, un producteur jamaïcain (Kong avait déjà produit les deux premiers 45 tours solo de Marley en 1962) qui a du succès en Angleterre grâce à un son professionnel capable de percer sur le marché britannique (disques Trojan à Londres). Il publiera ces titres en 1971 sous le nom de "The Best of the Wailers". Bunny Wailer, superstitieux, pense que leur « meilleur » est encore à venir et lui lance une malédiction. Leslie Kong décède peu après d'une crise cardiaque, et le trio ne touche aucun argent. Marley rejoint l'organisation rasta des Douze Tribus d'Israël fondée par Prophet Gad, alias Vernon Carrington. Ils continuent à alterner les autoproductions pour Tuff Gong et les séances financées par Lee "Scratch" Perry pour sa marque Upsetter. Malgré la qualité de leur travail prolifique, ils n'ont aucun succès local jusqu'à leur autoproduction Trench Town Rock (Tuff Gong 1971).

À la demande de Johnny Nash qui cherche des compositions pour la bande du film suédois "Vil Sa Garna Tro" ("L'amour n'est pas un jeu") dans lequel il joue le rôle principal, Bob Marley part pour Stockholm en 1971. Il y écrit plusieurs morceaux, et collabore à la bande du film. Nash signe alors avec les disques CBS à Londres où il enregistre le plus gros succès de sa carrière, I Can See Clearly Now. Marley l'a rejoint, et signe lui aussi avec CBS grâce à Nash et son manager, avec qui il est toujours sous contrat. Comme l'album de Nash, le 45 tours Reggae on Broadway sort en 1972, mais Marley n'a aucun succès. Le son et les musiciens anglais apportés par Nash ne lui conviennent pas. Quelques concerts à Londres avec les frères Barrett sont organisés en première partie de Nash, mais sans succès. Nash part vers la gloire et abandonne son poulain. Marley contacte alors Chris Blackwell, le fondateur des labels Trojan et Island Records. Blackwell est Jamaïcain, il a déjà distribué en Angleterre les disques Beverley's de Leslie Kong, et connaît le nom de Marley. Il rachète le contrat de production à Danny Sims, et confie de l'argent à Bob, qui part enregistrer à Kingston. À ce point charnière de sa carrière, Bob Marley a déjà contribué à au moins 350 morceaux enregistrés en studio (dont une trentaine environ en tant que choriste), dont une grande partie ne seront révélés au public international que très tardivement, bien après sa mort, notamment dans la série de onze CDs "The Complete Bob Marley & the Wailers 1967 to 1972" (Jad) réalisée entre 1998 et 2003 par le Français Bruno Blum et l'Américain Roger Steffens. Marley réenregistrera par la suite une partie de ces compositions, comme Satisfy my Soul, Sun Is Shining ou Lively Up Yourself.



Dernière édition par pilou le Sam 24 Jan - 19:17, édité 2 fois

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116 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 19:04

pilou


jamais content


Le succès
À la suggestion de Blackwell, les deux premiers albums pour Island sont remixés à Londres, où des solos de guitare sont ajoutés, ainsi que des parties de claviers qui apportent un son plus accessible au grand public. Ils sortent chez Island sous le nom des Wailers en 1973, mais après une tournée anglaise Bunny Wailer quitte le groupe, remplacé par Joe Higgs pour la tournée suivante (album "Talking Blues"), puis c'est Peter Tosh qui s'en va, laissant Bob à sa carrière solo. Le trio vocal féminin "The I Three" avec Rita Marley, Marcia Griffiths et Judy Mowatt prend en charge les chœurs. Le nom des Wailers sera désormais celui de ses accompagnateurs, parmi lesquels les frères Barrett (basse et batterie), les pianistes Earl "Wire" Lindo et Tyrone Downie, le guitariste Earl "Chinna" Smith, l'harmoniciste Lee Jaffee et le percussionniste Alvin "Seeco" Patterson. Son premier album est le chef-d'œuvre « Natty Dread », dans lequel il incorpore une influence blues avec le guitariste américain Al Anderson. Un autre guitariste soliste américain, Junior Marvin, est ensuite engagé. Suivront le « Live! » enregistré le 18 juillet 1975 à Londres, qui contient son premier succès international No Woman No Cry où il console une femme affectée par la violence des ghettos, puis l'essentiel "Rastaman Vibration" (1976) qui sera le disque de Bob le plus vendu de son vivant, et son premier succès américain.

Le 3 décembre 1976 à Kingston, peu avant le grand concert en plein air "Smile Jamaica", Bob Marley échappe à une fusillade déclenchée à son domicile par six hommes armés. Il reçoit une balle dans le bras, une dans la poitrine et cinq dans la cuisse tandis qu'une autre touche Rita à la tête mais sans la tuer (elle s'en sort miraculeusement). Don Taylor, leur manager américain, en sort très gravement blessé de six balles. Parmi les agresseurs, des membres des Wailers reconnaissent Jim Brown, un tueur proche du parti de droite pro-américain, le JLP.

Deux jours après l'attentat, Bob Marley participe comme prévu mais courageusement au concert Smile Jamaica à Kingston. Aux journalistes qui lui demandaient pourquoi il tenait tant à jouer lors de ce concert il répondit : "Les gens qui participent à rendre ce monde plus mauvais ne prennent jamais de jours de congés. C'est pourquoi je ne peux me le permettre". Family Man Barrett, caché dans les collines, est remplacé ce jour-là par Cat Coore de Third World. Bob montre ses bandages à la foule. Il ne se sent plus en sécurité en Jamaïque et part en exil en janvier 1977. Il fait escale à Nassau, puis se réfugie à Londres. Il y enregistre les albums à succès « Exodus » et « Kaya » ainsi que le single Punky Reggae Party avec Lee Scratch Perry, qui scelle un pacte rebelle avec le mouvement punk anglais en plein essor. Les titres Jamming, Waiting in Vain notamment sont des tubes mondiaux. Sa relation avec la Jamaïquaine Cindy Breakspeare, Miss Monde 1976, contribue à le projeter à la une des médias.

En mai 1977, une blessure au gros orteil faite en jouant au football se rouvre lors d'un match amical à l'hôtel Hilton de Paris. Le médecin lui suggère des analyses. Le diagnostic est réalisé à Londres : Bob Marley souffre d'un mélanome malin (cancer de la peau), sans doute dû à une trop longue exposition au soleil. On lui prescrit une amputation urgente de l'orteil, mais un mélange de superstition de son entourage (la religion Rastafari interdit toute amputation) et de pression en pleine tournée européenne où il rencontre enfin son public contribuent à retarder l'opération.

En avril 1978, Bob Marley & the Wailers font un retour triomphal en Jamaïque. Lors du One Love Peace Concert, Bob parvient à réunir sur scène les deux ennemis politiques qui se disputent le pouvoir, Edward Seaga (JLP) et le Premier Ministre Michael Manley (PNP). C'est le sommet de sa carrière. Sans arrêt en tournée, Bob Marley & The Wailers enregistrent l'album en public "Babylon by Bus" au Pavillon de Paris de la porte de Pantin en 1978. Bob fait alors construire son studio, Tuff Gong, où il enregistre l'album "Survival". Les succès se multiplient. Ils vont jouer jusqu'en Nouvelle-Zélande, où ils sont accueillis chaleureusement par les Māori.

En 1980, après une perte de connaissance lors d'un jogging à Central Park à New York, Bob Marley passe un examen aux rayons X où l'on voit cinq tumeurs, trois au cerveau, une aux poumons et une à l'estomac. Il ne dit rien à son entourage et joue un dernier concert enregistré à Pittsburgh, le 23 septembre. Bob part ensuite pour une clinique de Bavière où il suit un traitement original avec un médecin allemand, le docteur Josef Issels qui prolonge sa vie au prix de dures souffrances. Le cancer se généralise.

À la fin de sa vie, Bob Marley se convertit à l'Église orthodoxe éthiopienne, dont la plus haute autorité était feu l'empereur d'Éthiopie Hailé Sélassié Ier (Jah Live), considéré par les rastas comme étant la réincarnation de Jésus annoncée dans l'Apocalypse (« le roi des rois, seigneur des seigneurs »). Il souhaitait finir ses jours en Jamaïque mais décède à Miami le 11 mai 1981, trop faible pour faire le voyage en avion jusqu'à Kingston.

L'héritage
Bob Marley a fait découvrir au monde le reggae, un riche dérivé du blues qui a considérablement influencé la musique populaire occidentale, et ce bien plus qu'il est généralement admis (le remix, ou dub, et le rap sont directement issus du reggae). Sa musique a touché tous les publics, transcendant les genres, comme en témoigne un large culte, encore en pleine expansion dans le monde entier à la fin du vingtième siècle. La dimension de Bob est bien plus large que celle du simple chanteur capable de produire des succès populaires comme Is This Love ou Could You Be Loved. Exprimant à l'origine l'affirmation de la dignité et la valorisation d'une identité africaine pour son peuple bafoué par des siècles d'esclavage (Slave Driver, Redemption Song), de colonialisme (Music Lesson, Crazy Baldhead) et d'oppression économique (Revolution), il incarne avec le mouvement rastafari (Positive Vibration, War) l'éveil de l'humanité à une révolution spirituelle contre un oppresseur qu'il décrit d'abord comme étant le fruit d'une imposture chrétienne (Get Up Stand Up), voire païenne (Heathen), capitaliste (Rat Race), corrompu, raciste et hypocrite (Who the Cap Fit) à la fois. Avec une authenticité et une force sans doute inégalées depuis, il a été la première (et dernière ?) véritable superstar venue d'un pays pauvre. Parolier remarquable capable de s'approprier avec naturel des formules du langage populaire, n'hésitant pas à aborder les thèmes les plus universels, Bob Marley reste d'abord un symbole d'émancipation et de liberté. Il est aussi devenu l'un des symboles universels de la contestation (Soul Rebel), voire de la légitime défense (I Shot the Sheriff), supplantant souvent dans l'inconscient collectif des politiciens comme Che Guevara (la proche révolution cubaine a marqué Marley), le Jamaïcain Marcus Garvey, Malcolm X, Léon Trotsky, Nelson Mandela ou Thomas Sankara. Son message est d’abord d'ordre spirituel et culturel, et enrobé d’un prosélytisme à consommer du chanvre (la ganja), un rituel rasta (Kaya, Easy Skanking).

Miroir de l'esprit rebelle des peuples opprimés, héros, exemple et modèle à la fois, Bob Marley est considéré par plusieurs générations déjà comme le porte-parole défunt mais privilégié des défavorisés. Il est avant tout le premier musicien à incarner et assumer pleinement et naturellement cette identité de porte-parole contestataire, un statut que d'autres musiciens comme James Brown (dont il a enregistré plusieurs compositions), Bob Dylan ou John Lennon ont approché mais n'ont jamais totalement obtenu ou assumé pour diverses raisons. En dénonçant la falsification ou l'omission des cultures africaines et afro-américaines par les religions occidentales et les historiens colonialistes (Zion Train, Music Lesson), et avec l'essentiel ingrédient spirituel et culturel rasta (Forever Loving Jah, Rastaman Chant), Bob Marley a suivi une voie qui ne se limite pas à la protestation d'ordre social.

Il a souhaité confronter l'humanité à une approche de l'histoire et de la bible jusque là essentiellement ignorée, et de plus en plus largement étudiée et reprise depuis. Son approche théologique rastafarienne, relayée par sa célébrité, fait ainsi de Marley l'objet d'un certain nombre de réflexions de nature hagiographique. Beaucoup voient en lui une sorte d'apôtre ou de "prophète" multimédia (Time Will Tell), sans oublier qu'il est le fils d'un Blanc et d'une Noire, signe d'un métissage planétaire unificateur dont l'avenir dépend en bonne partie d'une meilleure connaissance du passé. Comme l'écrivait le New-York Times de façon peut-être aussi ironique que prophétique quinze ans après sa disparition, en 1996, "quand l'ancien tiers-monde occupera et colonisera les anciennes super-puissances".


Difficile aussi de choisir entre tous ses hits une chanson en particulier.
Alors je vous propose une de celles que je trouve les plus emblématiques et les plus belles:
"redemption song"



Dernière édition par pilou le Sam 24 Jan - 20:08, édité 2 fois

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117 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 19:05

kermit__


King of the Nenuphar
Merdouille mais serais-je seul à voir mes vidéos !
Moi j'ai le post complet avec l'image cliquable...

Essayez de retourner sur les Doors j'ai mis 4 autres vidéos d'un autre diffuseur allemand, dont la célèbre "The End" le titre qui dure 12 minutes. Dans celle-là il a l'air pas frais le Jim ;-))

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118 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 19:33

brodie


MAry Poppins Frappadingue
MAry Poppins Frappadingue
non tu n'es pas tout seul Kermit, je peux les lire aussi .

Moi je viens enfin de prendre le temps de lire ce topic.

Merci les "papys" . Merci parce que je découvre certains groupes qui n'étaient que des noms pour moi, j'en apprends plus sur d'autres que je connaissais ( les Doors, les Pink, Bowie, U2 sont plus dans mes références que les punks des clashs ou des Sex pistols pour ne parler que d'eux....)

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119 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 20:03

pilou


jamais content
Eh bien profite, j'ai mis "God save the Queen" des Pistols en vidéo.
30 ans après, je trouve que ça tient super bien la route, et que bien que basique, ca dépasse l'image qu'on a gardé d'un groupe ne jouant que deux notes ;-)

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120 Re: Histoire de la bonne zique ! le Sam 24 Jan - 20:52

berny


Taulier de la Taulière, admin
Taulier de la Taulière, admin
kermit__ a écrit:

Link: Deep Purple - Smoke on the water (live)



Deep Purple ça me fait toujours penser à ce titre !
Deep Purple - Smoke on the water (ici en live)
Moi je les vois tes vidéos, Kermitou. J'ai pas trop le temps ^pour le moment mais j'ai regardé celle-ci et j'y reconnait quelques pointures ! : Roger Taylor de Queen aux futs, Brian May, Gilmour, Tommy Iommi de Black Sabbath, Paul Rodgers


_________________
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121 Re: Histoire de la bonne zique ! le Dim 25 Jan - 9:55

kermit__


King of the Nenuphar
TYA ou "Ten Years After" fondé en 1965, le groupe d'Alvin Lee qui restera pour la postérité le groupe britannique qui fit 28 tournées aux Etats-Unis en 7 ans ! Alvin est né le 19 décembre 1944 à Nottingham, il se caractérise par un jeu de guitare ultra-rapide, mélangeant de façon inédite du blues, du swing jazz et du rock. C'est la grande pointure en matière de gratte, trop peu cité par les journaleux rockeux à mon goût !

Ten Years After est un groupe de rock psychédélique, comme les Doors, c'est pour ça que j'adore. En 1973, Alvin Lee entend s'émanciper des Ten Years After et se rapproche du chanteur de gospel américain, Mylon Lefevre, ou encore d'un certain George Harrison, Steve Winwood, Ron Wood et Mick Fleetwood, avec qui il enregistre un disque de country rock, "On the road to freedom" (1973)
Un an plus tard, Alvin Lee forme Alvin Lee & Company pour un spectacle au Rainbow de Londres immortalisé sur un double album live, "In flight", mélangeant rythm'n'blues et rock avec un hommage à Elvis Presley. Alvin Lee évoluera plus tard, seul, vers un style à dominante blues. En mars 2008, il était dans un concert à guichets fermés à Paris à l'Olympia !

Ce guitariste devenu mondialement célèbre suite à sa présence étonnante au festival de Woodstock, Véritable prodige de la guitare, il électrisera les festivaliers par son long solo dans "I'm Going Home", là où il y avait parfois, même souvent, à faire dodo durant ces 3 jours du 15 au 17 août 1969 ! De ce festival, je ne retiendrais que sa prestation et celle de Joe Cocker qui a d'ailleurs le même âge que lui. J'avais hâte que ceux-ci s'éjectent de la piste "Crosby, Stills & Nash" interminable et sans intérêt tout autant que les "Sha Na Na" tout de jaune vêtus et aussi sommaires que leur musique...



Voici en images sa mémorable prestation à Woodstock :


CLIQUEZ SUR L'IMAGE POUR LANCER LE STREAMING




"Good Morning Little Schoolgirl" un titre également très apprécié d'Alvin.



"I'd Love To Change The World" C'est un beau diaporama mais faut écouter la gratte d'Alvin...

Discographie :
1967 : Ten Years After avec Ten Years After
1968 : Undead (live) avec Ten Years After
1968 : Stonedhenge avec Ten Years After
1969 : Sssh avec Ten Years After
1970 : Cricklewood Green avec Ten Years After
1971 : Watt avec Ten Years After
1971 : A Space in Time avec Ten Years After
1972 : Alvin Lee & Co. avec Ten Years After
1972 : Rock n Roll Music To The World avec Ten Years After
1973 : Recorded Live avec Ten Years After
1973 : On The Road To Freedom avec Mylon Lefevre
1974 : Positive Vibrations avec Ten Years After
1974 : In Flight avec Alvin Lee and Co
1975 : Pump iron
1978 : Let It Rock
1978 : Rocket Fuel avec Ten Years Later
1979 : Ride On avec Ten Years Later
1980 : Freefall avec Alvin Lee Band
1981 : RX5 avec Alvin Lee Band
1986 : Detroit diesel
1989 : About Time avec Ten Years After
1990 : Live At Reading 1983 avec Ten Years After
1992 : Live 1990 avec Ten Years After
1992 : Zoom
1994 : 1994
1996 : Live In Vienna
2001 : live At Fillmore East 1970 avec Ten Years After
2004 : In Tennesse
2007 : Saguitar

http://www.alvinlee.com
www.myspace.com/alvinleetenyearsafter
http://www.musicme.com/#/Ten-Years-After/videos/?res=vidweb&v=1 (pour voir d'autres vidéos de TYA)



Dernière édition par kermit__ le Dim 25 Jan - 15:25, édité 4 fois

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122 Re: Histoire de la bonne zique ! le Dim 25 Jan - 10:43

pilou


jamais content
TYA est en effet une des toutes meilleurs prestations de Woodstock.
Ce festival de tois jours a effectivemet connu des moments bien plus mous et surtout moins bons.
Cela dit, il y a quand même eu quelques autres très grands moments, et pas seulement Joe Cocker: Hendrix, Santana, the Who pour en citer qu'eux.... Johnny Winter aussi il me semble.
Un des blèmes avec Woodstock, c'est qu'en général on résume l'évènement (et les prestations des uns et des autres) au seul film qui en a été tiré.

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123 Re: Histoire de la bonne zique ! le Dim 25 Jan - 11:14

pilou


jamais content
Woodstock festival - 1969

Tant qu'on y est, un petit rappel de ce qu'a été cet évènement incroyable et jamais vraiment égalé depuis (en termes d'impact, d'ambiance, et d'affiche aussi quand même un peu)

Affiche du festival:


From Wiki:
Le Festival de Woodstock (Woodstock Music and Art Festival) est un concert de musique rock, organisé du 15 au 17 août 1969, à Bethel aux États-Unis, près de Woodstock dans l'État de New York. Ce festival, prévu pour 50 000 spectateurs et qui en accueillit plus de 450 000 constitue le paroxysme de la culture hippie des années 1960.

Genèse
Organiser ce festival est l'idée de deux personnes : Artie Kornfeld, jeune vice-président de Capitol Records et Michael Lang, jeune hippie qui a organisé le Miami Pop festival, qui a réuni 400 000 personnes. Les fonds nécessaires (2 000 000 dollars) sont apportés par John Roberts et Joel Rosenman qui ont passé une annonce dans The New York Times: « Jeunes hommes avec un capital illimité cherchent des opportunités d'investissement intéressantes et des propositions d'affaire ».
La ville de Woodstock, considérée comme très ouverte vis-à-vis du milieu artistique, refuse cependant de l'accueillir. Après des craintes sur son maintien, le festival est finalement placé à Bethel, sur le terrain d'un fermier, Max Yasgur, qui le loue 50 000 dollars. L'appellation (plus porteuse) de « Woodstock » est conservée.

Michael Lang l'organisateur (au centre)


Une organisation dépassée
« Trois jours de paix et de musique. Des centaines d'hectares à parcourir. Promène-toi pendant trois jours sans voir un gratte-ciel ou un feu rouge. Fais voler un cerf-volant. Fais-toi bronzer. Cuisine toi-même tes repas et respire de l'air pur ».
Cette publicité ne prévoyait ni le nombre de spectateurs (évalué à 450 000), ni les embouteillages colossaux qui en découlèrent, ni la pluie, ni la boue. La programmation en fut perturbée : Richie Havens ouvrit le festival à la place du groupe Sweetwater, bloqué dans la circulation ; les artistes qui ne pouvaient accéder au site y furent finalement amenés en hélicoptère de l'US Army. Ceux-ci furent également utilisés pour pourvoir aux besoins de la foule en eau, nourriture et médicaments. À la fin de la première journée, quand les barrières qui délimitaient le site eurent disparu, les organisateurs décidèrent d'en rendre l'accès gratuit.

Embouteillage sur la route du lieu de concert


Après le festival
Le festival fut le point culminant de la contre-culture des années 1960 et de la culture hippie. La région fut peu après déclarée zone sinistrée. Aucune violence ne fut cependant rapportée et le chef de la police locale constata: « Nous avons eu moins d’ennuis avec ces 450 000 jeunes qu’avec les vacanciers ordinaires ».
Dans un premier temps, et en raison du nombre important de personnes qui entrèrent gratuitement, le festival fit perdre énormément d'argent à ses organisateurs mais, suite aux ventes des enregistrements du festival (audio et vidéo), il devint bénéficiaire. En effet, si Woodstock est le point important de la contre-culture et de l' "anti-capitalisme" pacifiste, les organisateurs durent revendre les droits à la Warner pour régler leurs dettes.
Depuis 1992 dans la ville de St-Éphrem en Beauce au Québec, il y a un festival nommé Woodstock en Beauce. Ce festival a lieu chaque année.

Bus Hippie au festival


Artistes présents
Joan Baez
The Band
Blood, Sweat and Tears
Canned Heat
Joe Cocker
Country Joe McDonald (avec et sans son groupe: The Fish)
Creedence Clearwater Revival
Crosby, Stills & Nash
Grateful Dead
Arlo Guthrie
Tim Hardin
Keef Hartley
Richie Havens
Jimi Hendrix
JBES
Incredible String Band
Jefferson Airplane
Janis Joplin
Melanie
Mountain
Paul Butterfield Blues Band
Quill
Santana
John Sebastian
Sha Na Na
Ravi Shankar
Sly and The Family Stone
Bert Sommer
Sweetwater
Ten Years After
Johnny Winter
The Who

La foule, une marée humaine


Anecdotes

Les grands absents:
Bob Dylan, qui fréquentait pourtant souvent la ville de Woodstock, proche du monde artistique, ne participa pas à l'édition de 1969, car il abhorrait alors la culture hippie. The Doors n'est pas présent en raison du procès de Jim Morrison à Miami, pour atteinte à la pudeur. Une autre version donne les Doors absents parce que Morisson était persuadé qu'on tenterait de le tuer à Woodstock.
Les Beatles, eux, ne tournent plus. Quant aux Rolling Stones, les organisateurs ont été unanimes pour ne pas les inviter, leur image violente ne collant pas avec l'image du festival.

Iron Butterfly qui était prévu au programme n'a pas pu se rendre sur le site car ses membres étaient bloqués à l'aéroport.

Trois décès (deux overdoses et une mort naturelle - de vieillesse) et deux naissances eurent lieu pendant l'événement, qui causa en outre le plus important embouteillage de l'histoire des États-Unis.

Le nom de Richie Havens, un chanteur de folk noir peu connu, entra dans le mythe Woodstock, lorsqu’il inaugura le festival puisqu’on s’aperçut que Sweetwater, le groupe qui devait se produire au lever de rideau, était pris dans un embouteillage de 15 km.

Country Joe était célèbre dans tous les Etats-Unis, ses positions gauchistes et intransigeantes sur la guerre et l'armée lui valait l'amitié des étudiants, mais aussi les foudres de la police. Alors à son apogée, il remporte un succès triomphal à Woodstock. Après avoir chauffé le public (Donnez-moi le F... donnez-moi le U... donnez-moi le C... donnez-moi le K...qu'est-ce que ça donne...), il entonne Fixin'-to-die-rag et fait chanter des milliers de spectateurs à l'unisson. Concert gratuit, Woodstock devient alors un rassemblement pour la paix et contre la guerre au Vietnâm.

Les Who étaient dans une forme incendiaire, même si le guitariste Pete Townshend dut éjecter le leader hippie Abbie Hoffman de la scène lorsqu’il se lança dans un discours politique impromptu durant le concert.

3 personnes ont du soutenir Janis Joplin pour la monter sur scène et l'approcher du micro. Ses doses d'héroïne et ses rasades de Téquila et de Vodka l'avaient épuisé mais sa voix et le contact avec le public sont restés intacts. Sa prestation fut toutefois telle qu'elle interdit qu'elle soit présente dans le film.

Carlos Santana (22 ans) était encore sous mescaline lorsqu’il fut appelé à monter sur scène en vitesse, en raison du retard accumulé par les intempéries. Son groupe commence à jouer et enchaîne leurs morceaux devant un public assoiffé de sensations. Alors qu’une partie de celui-ci est déjà en liesse et danse dans la boue, le riff de basse de Soul Sacrifice démarre. 0% de chant, mais 100% de pure musique. En dépit de sa durée (près de 10 minutes), pas une seule note n’est à couper. On retiendra l’incroyable jeu du batteur Michael Schrieve, 19 ans. C’est le plus jeune musicien de ce festival. Il avait par ailleurs déjà été remarqué et sollicité par les Jefferson Airplane en 1965, mais avait toujours refusé, affirmant qu’il voulait être batteur de Jazz (d’où sans doute sa tenue de baguettes particulière).

Ce ne sera finalement que le lundi, vers 8 heures du matin, que se produira Jimi Hendrix devant une plaine dévastée par 500.000 personnes et les intempéries et où seul 50.000 rescapés seront encore présents.

Atlantic Records sortit deux coffrets multi-albums en 1971 et 1974 alors que le film, vendu par les organisateurs à la Warner pour 1 million de dollars plus des royalties modestes, rapporta plus de 50 millions de dollars.

Quatre mois plus tard, au festival d’Altamont, un homme trouva la mort, poignardé durant un concert des Rolling Stones. Cela porta un coup aux festivals dont ils n’allaient jamais se relever. Souvent imité, le spectacle de Woodstock ne put être recréé

Un ticket des plus collector, d'autant que dès le vendredi l'accès devenait gratuit !!!!!



Dernière édition par pilou le Dim 25 Jan - 11:45, édité 3 fois

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124 Re: Histoire de la bonne zique ! le Dim 25 Jan - 11:33

pilou


jamais content


Un site complet sur l'évènement, expliquant bien l'histoire du montage et le déroulement du festival, évoquant notamment les problèmes de logistique pour assurer la sécurité, la nourriture, les soins, etc....
http://elwood1.free.fr/woodstock.html

Pour Kermitou, un site consacré à la prestation de Ten Years After à Woodstock.
Avec quelques photos qui décoiffent, comme celles où on voit Alvin Lee jouer de la gratte avec une baguette de batterie ! une sorte de préfiguration de ce que fera un peu plus tard Jimmy Page avec un archet ;-)
http://www.alvinlee.de/alvmems8.htm

Enfin, une super page web à propos du mouvement hippie et du fameux "Summer of love" de 1967, super intéressante et bourrée de chansons (directement écoutables) incontournables de ce moment particulier, ou expliquant les multiples allusions à la drogue dans les chansons de l'époque.
Indispensable pour qui veut comprendre l'histoire du rock dans les années 60, et l'influence de tout ça sur la suite...
http://lire-ecouter-voir.blogspot.com/2008/02/hippies-et-summer-of-love_21.html

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125 Re: Histoire de la bonne zique ! le Dim 25 Jan - 15:30

kermit__


King of the Nenuphar
pilou a écrit:TYA est en effet une des toutes meilleurs prestations de Woodstock.
Ce festival de tois jours a effectivemet connu des moments bien plus mous et surtout moins bons.
Cela dit, il y a quand même eu quelques autres très grands moments, et pas seulement Joe Cocker: Hendrix, Santana, the Who pour en citer qu'eux.... Johnny Winter aussi il me semble.
Un des blèmes avec Woodstock, c'est qu'en général on résume l'évènement (et les prestations des uns et des autres) au seul film qui en a été tiré.
J'ai pu voir la version de 8 heures au moment de sa sortie et je peux t'affirmer que seuls deux individus m'ont sortis de ma torpeur : Alvin Lee et plus modérément Joe Cocker, le reste très anecdotique même le fameux Jimmy Hendrix pour lequel j'attendais nettement mieux qu'un hymne américain customisé ou Joan Baez qui m'a ennuyé au possible, que dire des autres...! Sur Arte une version de 220 mn était passée en août 2007. En fait, ce qui était plus intéressant que la musique, dans ce festival, a été l'élan formidable qu'a généré le flower power sur la jeunesse américaine, cette nouvelle idéologie non violente et anti-capitaliste que tous le monde attendait.

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126 Re: Histoire de la bonne zique ! Aujourd'hui à 9:10

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