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Télé-crochet : l'attrape-stars

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1 Télé-crochet : l'attrape-stars le Lun 23 Avr - 14:16

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Télé-crochet : l'attrape-stars

PAR CLARA GÉLIOT.


Pour La Femme chocolat (que plus de 600 000 fans ont croqué), Olivia Ruiz s'est entourée de quelques membres de Dionysos, des Têtes Raides ou de Tryo.
Brinon/ AP


Après les avoir dénigrés, les grands de la chanson française n'hésitent plus à associer leur nom à ceux des jeunes interprètes issus de la «Star Ac'» ou de la «Nouvelle star». Enquête sur ces collaborations musicales inédites.

Automne 2001. Parce qu'il est le parrain de la «Star Academy», Florent Pagny se voit reprocher par certains d'avoir vendu son âme au diable. Mais, six ans plus tard, plus aucune star n'oserait lui faire un tel procès. Et pour cause : elles sont des dizaines à avoir collaboré aux albums des jeunes artistes issus des écuries télévisées. Résultat, dans la grande famille de la musique, chaque poulain a son cocher.

Dernier en date : Christophe Willem. Lauréat de la «Nouvelle star» 2006 sur M6, celui que la France entière a surnommé «la Tortue» sort aujourd'hui Inventaire (Sony BMG), un premier album auquel Zazie, Philippe Katerine, Bertrand Burgalat et Valérie Lemercier ont participé. Il faut dire que, lorsque ce gamin dégingandé de 23 ans a poussé ses premiers cris devant Marianne James, Dove Attia, André Manoukian et Manu Katché, le jury cathodique de l'émission-crochet, la France entière est restée scotchée. De quoi attirer l'attention des plus réticents, comme Zazie, qui a toujours clamé qu'elle ne se laisserait pas amadouer par la télé-réalité. «Ces écoles ne créent pas des artistes. On y fabrique éventuellement de bons interprètes pendant deux mois, parce que les malheureux ont une caméra pointée sur eux», disait-elle début 2006. Il aura pourtant suffi d'un déjeuner avec Christophe Willem pour que la chanteuse change son fusil d'épaule. Au dessert, elle acceptait de réfléchir à l'éventualité d'écrire un texte pour la Tortue. Deux mois après, elle n'en finissait plus de proposer des idées à son nouveau protégé. Au final, elle a signé cinq titres de son album. Bertrand Burgalat s'est lui aussi beaucoup investi dans le projet. Attiré par un exercice inédit, l'artiste indépendant - qui a notamment travaillé avec Air, Nick Cave ou Michel Houellebecq - a fait le premier pas et proposé lui-même ses services à la maison de disques de l'émission, Sony BMG. Contre toute attente, il a découvert un environnement «moins sauvage que dans certains petits labels indépendants», où des producteurs attentionnés réfléchissaient à la façon dont ils pourraient exploiter le talent de la mine d'or qu'ils avaient déniché. «Chez ces jeunes chanteurs de télé-réalité, on voit toujours des petits oiseaux prêts à se faire manipuler, reprend Burgalat, mais j'ai découvert que la plupart des professionnels qui les entouraient étaient plutôt bienveillants.»

Avant Christophe, Jenifer a suivi cette voie. Première lauréate de «Star Academy», la Niçoise a développé pendant trois mois un talent inné sous l'oeil des caméras. Elue par les téléspectateurs, elle s'est vue offrir un million d'euros, un concert à l'Olympia de Paris et l'enregistrement de son propre album. Profitant de son statut privilégié, la brunette a cherché le crédit auprès d'un chanteur confirmé. Chez Mercury, le label d'Universal qui gère la carrière des star académiciens, elle a jeté son dévolu sur Marc Lavoine, qui a signé un titre de son premier disque, Jenifer. La collaboration aura intégré la jeune artiste dans la «famille» du show-business. Rapidement, elle a été accueillie à la sacro-sainte soirée des Enfoirés et s'est même vue inviter par le maître Johnny Hallyday à chanter avec lui au Parc des Princes. Plus tard, pour l'aider à faire son Passage (Mercury), Calogero, Kyo et Tina Arena étaient là.

A la «Star Academy», l'éclosion des jeunes cocons a commencé à être observée de près. Lors de la deuxième saison, une autre brune a remporté la victoire. Son premier album, Nolwenn Leroy (Mercury), a immédiatement attiré quelques grands noms français. Parmi eux : Pascal Obispo, Laurent Voulzy et Lara Fabian. A cette époque, cette dernière n'avait déjà plus de préjugés : «C'est mon métier d'aller partager de la musique avec les gens qui ont envie d'en faire, disait-elle alors. Quant au système, ça serait hypocrite d'en dire du mal puisque nous en faisons tous partie.» L'album s'est vendu à près de 500 000 exemplaires, selon GFK. Deux ans plus tard, il a placé Nolwenn à la 7e place des chanteurs français les mieux payés.

Mais les collaborations célèbres sur un disque ne sont pourtant pas toujours gages de réussite. Elodie Frégé, «major» de la troisième promotion de «Star Academy» en a fait l'expérience. Sans atteindre le top des charts, De l'eau (Mercury), son premier album solo, a largement dépassé le second, Le Jeu des sept erreurs (Mercury), réalisé par Benjamin Biolay. Après l'avoir timidement abordé à la sortie d'un concert, la blonde angélique a fait du compositeur son pygmalion. Mais l'union de la belle et de la bête aura plus marqué les plateaux télé que les grilles de ventes. Un mariage parfois pour le pire, mais un mariage toujours issu d'un consentement mutuel. «L'élan est systématiquement donné par les jeunes, explique une responsable de Mercury. De toute façon, leur imposer telle ou telle vedette ne fonctionnerait pas.»

Des stars sur un plateau

Les candidats à la célébrité ont compris cela. Pour imposer au plus tôt leurs goûts musicaux, ils n'hésitent pas à citer devant les caméras les noms d'artistes avec lesquels ils rêveraient de travailler. Quand Christophe Willem évoquait Zazie dans les reportages qui lui étaient consacrés, Patxi, moineau de la «Star Academy 3», parlait régulièrement de Louise Attaque, Mathieu Boogaerts ou Noir Désir. Bien lui en a pris. Ces discussions faussement anodines sont arrivées aux oreilles de Jean-Christophe Le Guénan. Directeur des studios d'enregistrement Ferber, il a justement vu naître dans son bureau les carrières de ces derniers. Et, puisqu'un jeune chanteur lui faisait indirectement de la publicité, il a accepté de le rencontrer. De fil en aiguille, le gamin de Saint-Jean-de-Luz est arrivé chez Atmosphériques, une maison de disques distribuée par Universal, et a rencontré Louis Chedid et Pierre Souchon, qui ont composé les musiques de deux de ses chansons. «Dès le départ, je savais que je voulais écrire mes textes, raconte Patxi. Car moi seul pouvais dire ce que je ressentais.» Pour superviser le projet, il s'est appuyé sur le talent de Jean-Christophe Urbain, ex-membre des Innocents. «Au début, j'étais un peu sceptique, avoue ce dernier. Sur des maquettes assez pauvres musicalement, j'entendais un garçon de 20 ans parler d'amour... Je ne savais pas trop quoi en faire. Mais je me suis surpris à ne pas étiqueter Patxi.» Alors qu'il terminait la réalisation du disque de sa compagne Jil Caplan, l'Innocent a donc accepté de renfiler cette casquette pour colorer celui de Patxi. Mélange de pop et de folk, S'embrasser (Atmosphériques) est un album de qualité. Malgré tout, les ventes ont été décevantes.

Devenu un outsider de la «Star Academy», Patxi marche désormais sur les pas de sa «grande soeur», Olivia Ruiz. Eliminée avant la fin de la première saison de l'émission, la jeune bohème a longtemps cherché une bande, ailleurs que dans les couloirs d'Universal. Pour son premier album, J'aime pas l'amour (Polydor), elle a demandé de l'aide à Juliette et aux Rita Mitsouko. Pour La Femme chocolat (que plus de 600 000 fans ont croqué), elle s'est entourée de quelques membres de Dionysos, des Têtes Raides ou de Tryo. Aujourd'hui multi-récompensée, elle apparaît dans le nouveau CD de Salvatore Adamo, La Part de l'ange (Polydor), où elle chante avec lui un duo. «J'ai connu Olivia sur le plateau de la "Star Academy", disait récemment le chanteur au Figaro. Elle avait un tel talent que je lui ai aussitôt proposé d'enregistrer une chanson avec elle. Quand le projet est devenu concret, elle avait gravi les marches qui mènent à la notoriété mais a trouvé les heures nécessaires pour me rejoindre en studio.»

Les rencontres effectuées sur les plateaux télé semblent être, elles aussi, déterminantes. Quand M6 se contente d'un jury professionnel pour donner son avis sur les candidats, la première chaîne invite les stars à chanter avec ses bébés. Avec 6,9 millions de fidèles en moyenne, la «Star Academy» est l'émission de variété numéro un de TF1. De quoi drainer les célébrités les plus éclectiques, de David Guetta, DJ des nuits parisiennes branchées, à Mireille Mathieu, qui a accepté l'invitation après l'avoir longtemps déclinée. En effet, les refus sont de moins en moins nombreux, car passer à la «Star Academy» paie, assure Pascal Nègre, patron du label Universal et juré de l'émission : «Quand un artiste s'y produit, la semaine suivante, son album remonte automatiquement dans les ventes.» Et lorsqu'une star se montre réticente, on trouve les arguments pour la convaincre. Ainsi Aznavour a-t-il avoué avoir touché 6 000 euros pour quelques prestations. Noah, lui, parrain de la «Star Ac' 6», a reversé un salaire de 20 000 euros à ses deux associations, et Voulzy a reconnu qu'après avoir été soutenu un été entier par TF1 pour son propre album, il était difficile de refuser d'y participer. Il n'empêche, personne n'a obligé ce dernier à mettre tout son savoir-faire sur Histoires naturelles (Mercury), le deuxième album de Nolwenn Leroy.

Du côté de M6, de «Popstars» à «Nouvelle star», pas de grandes vedettes, mais de jeunes talents sur qui tout est misé. Du premier concept, seule Chimène Badi a émergé. Loin de correspondre à l'image d'une Spice Girl - la vocation du programme était de créer un «girls band» -, la chanteuse à voix caracole aujourd'hui en tête des ventes d'albums d'artistes de télé-réalité. Entre nous (AZ), son premier disque, a été réalisé par l'ex-mentor de Lara Fabian, Rick Allison (sollicité plus tard par Magalie Vaé, gagnante de la «Star Ac' 5»). Pour Dis-moi que tu m'aimes (AZ), Jean-Félix Lalanne, Marc Lavoine et Julie Zenatti ont prêté leur concours. Et, dans Le Miroir (AZ), on a vu apparaître Michel Sardou et Pascal Obispo. Depuis 2003, le concept de l'émission a changé. Rebaptisée «A la recherche de la nouvelle star», puis «Nouvelle star», elle a davantage révélé les perdants que les vainqueurs des trois premières éditions - Jonathan Cerrada, Steeve Estatoff et Myriam Abel. Ainsi, Thierry Amiel, finaliste en 2003, a su s'entourer de Calogero et d'autres paroliers prisés (Lionel Florence, Olivier Schultes ou Jean-Pierre Pilot) pour réaliser Paradoxes (RCA/Arista), son premier album. Et c'est avec Diam's qu'Amel Bent a trouvé la recette du succès. Ma philosophie, single coécrit avec la rappeuse, a boosté les ventes d'Un jour d'été (Jive), dont il était tiré. Une victoire de la musique et une tournée à guichets fermés auront parfait sa légitimité.

Or, de Diam's à Alagna, il n'y a qu'un pas. Premier garçon vainqueur de «Star Academy», Grégory Lemarchal a attiré les ténors d'un monde impénétrable, celui de la musique classique. Après avoir chanté le Petit papa Noël de Tino Rossi avec Roberto Alagna sur le plateau de l'émission, il s'est offert, comme chef d'orchestre de son prochain album, l'inimitable Yvan Cassar.

Et demain ? Après les prestations remarquées de Julien Doré avec une chanson d'amour texane à l'ukulélé ou une version jazz de Like a Virgin, quelle star française (ou étrangère) jettera son dévolu sur ce nouveau candidat de «Nouvelle star» ? Le suspense ne fait que commencer...

Le Figaro


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